Archives

    Malgré plusieurs initiatives diplomatiques destinées à mettre fin aux hostilités dans l’est de la République démocratique du Congo, les combats se poursuivent. Dans son rapport final, le Groupe d’experts des Nations Unies estime que les processus de paix engagés à Washington et à Doha n’ont produit que des résultats limités. Les engagements relatifs au cessez-le-feu, au retrait des forces et à la désescalade n’ont été que partiellement respectés, tandis que les affrontements se sont poursuivis sur le terrain.

    Selon les experts, les différentes initiatives diplomatiques menées au cours de la période examinée n’ont pas permis d’instaurer un cessez-le-feu durable. Les mécanismes de médiation engagés parallèlement n’ont pas été harmonisés et les parties ont continué à s’accuser mutuellement de violations de leurs engagements. Le rapport souligne également que plusieurs dispositions de la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité restaient inappliquées au moment de la rédaction du document.

    Les Nations Unies reviennent notamment sur l’Accord de Washington signé le 4 décembre 2025 entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.

    Alors que cet accord visait à réduire les tensions et à mettre fin aux hostilités, les experts relèvent que, quelques jours avant sa signature, l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), appuyée par la Force de défense rwandaise (RDF) selon le rapport, lançait une offensive qui aboutissait à la prise d’Uvira. Si les forces concernées se sont ensuite retirées de la ville sous la pression diplomatique, les combats se sont poursuivis dans d’autres zones stratégiques du Sud-Kivu.

    A lire aussi : Est de la RDC : Washington sanctionne deux hauts responsables des FDLR et du M23/AFC

    En mars 2026, un « plan de mesures initiales » élaboré à Washington prévoyait plusieurs engagements réciproques, notamment un retrait de certaines positions militaires, des mesures de désescalade, la protection des civils, ainsi que des opérations congolaises contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Toutefois, les enquêteurs concluent que ces engagements n’ont été mis en œuvre que de manière partielle.

    Le rapport indique que les mouvements observés sur le terrain correspondaient davantage à des repositionnements tactiques qu’à un retrait effectif des forces.

    Selon les experts, des unités, des équipements lourds et des systèmes militaires sophistiqués ont été redéployés vers d’autres secteurs d’opérations, tandis que plusieurs localités demeuraient sous le contrôle de l’AFC/M23 et de la RDF. Les affrontements se poursuivaient notamment dans les territoires de Masisi et de Walikale, ainsi qu’au Sud-Kivu.

    Le processus de Doha n’a pas davantage permis de modifier durablement la situation militaire. Les pourparlers organisés en avril 2026 à Montreux, en Suisse, entre le Gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont certes abouti à la signature d’un mémorandum sur un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et à une déclaration commune sur l’accès humanitaire et la libération des prisonniers. Toutefois, le Groupe d’experts qualifie ces résultats de modestes au regard de la poursuite des hostilités sur le terrain.

    Pour les Nations Unies, l’une des principales difficultés réside dans le décalage persistant entre les engagements diplomatiques et leur application concrète. Alors que les négociations progressent autour des tables de discussion, les opérations militaires se poursuivent, les lignes de front évoluent et les populations civiles continuent de subir les conséquences du conflit.

    Le rapport souligne enfin que l’absence de mise en œuvre intégrale des engagements fragilise la crédibilité des différents processus de paix.

    Les experts estiment qu’un accord, aussi ambitieux soit-il, ne peut produire d’effets durables sans mécanismes efficaces de vérification, de suivi et de respect des engagements pris par l’ensemble des parties. Dans ce contexte, les initiatives diplomatiques demeurent indispensables, mais elles n’ont pas encore permis d’interrompre durablement les violences qui affectent l’est de la RDC.

    Rédaction

    Leave A Reply

    error: Content is protected !!