La charge maximale autorisée sur le pont Semuliki, sur la route Beni-Kasindi au Nord-Kivu, est passée de 20 à 10 tonnes en moins de deux ans. Cette nouvelle restriction, entrée en vigueur lundi 2 novembre 2026, intervient alors que l’infrastructure avait déjà fait l’objet d’alertes concernant sa solidité.
En avril 2025, les autorités provinciales avaient interdit la traversée du pont Semuliki aux véhicules de plus de 20 tonnes. Cette décision faisait suite à des inquiétudes concernant l’état de l’ouvrage, considéré comme fragile par les services techniques.
Dix-huit mois plus tard, le seuil autorisé est réduit de moitié. Dans une note circulaire datée du 31 octobre 2026, le gouvernement provincial du Nord-Kivu annonce une nouvelle limitation à 10 tonnes, chargement compris, pour une période de cinq jours.
Cette fois, le rapport technique de l’Office des routes, cité dans la décision provinciale, évoque un risque d’effondrement imminent en raison de la dégradation avancée de l’infrastructure.
Des mesures provisoires qui se succèdent
La nouvelle restriction remet au centre des préoccupations la question de la réhabilitation du pont Semuliki.
En avril 2025, les autorités avaient également annoncé l’installation d’un pont-bascule à Kambo, sur la route Beni-Kasindi, afin de contrôler le poids des véhicules et de préserver les infrastructures routières.
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À cette époque, la limitation à 20 tonnes était présentée comme une mesure conservatoire, en attendant notamment la réception d’un nouveau pont Semuliki.
La décision du 31 octobre 2026 ne permet cependant pas d’établir précisément quels travaux ont été réalisés depuis cette première alerte, ni pourquoi le seuil autorisé a été ramené à 10 tonnes.
Des conséquences économiques à surveiller
Le pont Semuliki se trouve sur un axe commercial stratégique reliant la région de Beni à l’Ouganda, notamment par le poste frontalier de Kasindi.
La limitation pourrait contraindre certains transporteurs à réduire leurs chargements ou à réorganiser l’acheminement des marchandises. L’ampleur de ces conséquences reste toutefois à documenter auprès des opérateurs économiques.
Un moratoire exceptionnel de deux jours a été accordé aux camions transportant du carburant actuellement sous douane à Kasindi.
Au-delà des cinq jours annoncés, plusieurs interrogations demeurent. Quels travaux de renforcement sont prévus, dans quels délais seront-ils exécutés et quelles garanties techniques permettront de déterminer les conditions d’une reprise normale du trafic ?
Ces questions sont d’autant plus importantes que le pont Semuliki constitue un passage essentiel pour les échanges commerciaux entre le Nord-Kivu et les pays d’Afrique de l’Est.
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