Dans la province de Ituri, la récente découverte d’une importante cache d’armes à Jingo, dans le territoire de Djugu, suscite à la fois soulagement et préoccupations profondes au sein de la société civile.
Au total, 145 armes de type AK-47, 10 mitrailleuses PKM, des armes collectives, des armes d’appui ainsi que 4 lance-roquettes RPG-7 ont été récupérées le 22 mars 2026 grâce à la collaboration de la population locale. Une saisie significative, saluée comme une avancée concrète dans la lutte contre l’insécurité persistante dans la région.
Pour Dieudonné Lossa, coordonnateur de la société civile en Ituri, cette récupération représente bien plus qu’une simple opération sécuritaire.
« C’est un sentiment de joie. Récupérer seulement une seule arme, c’est arrêter autant de morts dans la communauté. Si on en récupère une centaine, pour nous c’est une très bonne chose », a-t-il déclaré.
Mais derrière cette satisfaction, une inquiétude majeure demeure. Pour lui, la question essentielle n’est plus seulement de récupérer les armes, mais de comprendre leur origine.
« Nous ne croyons pas que ça suffit seulement de ramasser les armes sans savoir d’où elles viennent. Si on connaît leur provenance, demain les autres armes ne viendront pas. Mais tant que l’on ne connaît pas l’origine, il y a un risque que d’autres arrivent encore. »
Un appel clair est ainsi lancé aux autorités congolaises. La société civile insiste sur la nécessité d’une enquête approfondie, impliquant des experts capables d’identifier la chaîne d’approvisionnement de ces armes. L’objectif : briser définitivement les circuits qui alimentent les groupes armés.
En Ituri, les violences ont profondément marqué les communautés locales. Par ailleurs, Dieudonné Lossa a tenu à adresser un message aux groupes armés encore actifs dans la région :
« La paix ne peut se construire qu’autour d’une table, pour une solution durable. »
Entre avancée sécuritaire et exigence de vérité, la société civile d’Ituri rappelle ainsi que la paix ne se limite pas à désarmer, mais passe aussi par la compréhension et l’éradication des sources du conflit.
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