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    Après plusieurs jours de spéculations, le mystère est levé. Le slogan « Oui, je le veux », qui a alimenté les débats sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique, n’était pas une déclaration personnelle, encore moins une demande en mariage. Il s’agit d’un appel porté par la ministre de la Jeunesse, Grâce Émie Kutino, en faveur d’une nouvelle place accordée aux jeunes dans les institutions de la République.

    Pour la ministre, cette campagne traduit l’aspiration d’une génération qui refuse de rester en marge des décisions qui façonnent l’avenir du pays. « Oui, je le veux » devient ainsi le symbole d’une jeunesse qui souhaite être pleinement associée à la gouvernance, à l’élaboration des politiques publiques et aux grandes orientations nationales.

    Grâce Kutino rappelle que les jeunes représentent plus de 66,8 % de la population congolaise, mais n’occupent qu’environ 10 % des postes de responsabilité dans les institutions publiques. Un déséquilibre qu’elle estime nécessaire de corriger.

    Dans son intervention, elle souligne également le poids économique de cette jeunesse. Selon elle, plus de 70 % des jeunes actifs évoluent dans le secteur privé et informel et contribuent à plus de 40 % du PIB national. Elle évoque aussi la diaspora congolaise, qui injecterait chaque année près de 2 milliards de dollars dans l’économie nationale.

    « Nous ne sommes pas seulement l’avenir : nous sommes déjà le présent », affirme la ministre.

    S’appuyant sur la Constitution, Grâce Kutino relève que l’article 42 est le seul consacré spécifiquement à la jeunesse. S’il reconnaît aux pouvoirs publics le devoir de protéger les jeunes, elle estime que cette disposition ne répond plus aux attentes d’une génération qui souhaite également être reconnue comme une force de proposition, d’innovation et de décision.

    La ministre précise que cette protection demeure indispensable, mais qu’elle ne peut plus être l’unique réponse aux aspirations de la jeunesse congolaise. Celle-ci, dit-elle, demande désormais d’être responsabilisée, davantage représentée dans les institutions publiques et encouragée dans le secteur privé.

    Pour soutenir son argumentaire, Grâce Kutino établit un parallèle avec l’article 14 de la Constitution, qui consacre la promotion des droits de la femme et la parité. Elle rappelle que cette disposition a conduit à l’adoption de la Loi organique n° 15/013 du 1er août 2015, fixant un objectif de 30 % de représentation des femmes dans les institutions publiques.

    Elle pose alors une question : si la République a pu faire évoluer son cadre juridique pour renforcer la représentation des femmes, pourquoi ne pourrait-elle pas reconnaître une place plus importante à la jeunesse, qui représente plus des deux tiers de la population congolaise ?

    À travers la campagne « Oui, je le veux », la ministre affirme ainsi défendre l’idée d’une Constitution qui ne se limite pas à protéger les jeunes, mais qui garantisse également leurs droits, leur représentation et leurs perspectives.

    Grâce Kutino indique avoir consulté la jeunesse dans les 26 provinces du pays. Elle annonce, dans cette dynamique, l’organisation d’une marche pacifique le 12 août prochain à Kinshasa afin de soutenir cette initiative en faveur d’une nouvelle Constitution.

     

    Verite Johnson

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