Six patients déclarés guéris de la maladie à virus Ebola ont quitté l’Hôpital général de référence d’Oicha, au Nord-Kivu, ce samedi 24 octobre 2026. Une nouvelle encourageante pour leurs familles, alors que le responsable de la riposte dans cette zone de santé alerte sur la présence de trois cas confirmés introuvables dans la communauté.
La cérémonie de décharge s’est déroulée dans les bureaux administratifs de l’hôpital, en présence des familles des patients, du personnel soignant et des partenaires engagés dans la riposte contre Ebola.
Parmi les six personnes déclarées guéries figurent trois femmes et trois hommes, dont un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), un laborantin et un médecin.
Au-delà de leur sortie de l’hôpital, ces guérisons ont été l’occasion pour les anciens patients de témoigner de leur prise en charge et de lancer un message à la population : ne pas céder aux fausses informations qui alimentent la peur autour des centres de traitement.
Trois cas confirmés introuvables, une inquiétude pour la riposte
Si la sortie de ces six patients apporte une note d’espoir, la situation épidémiologique dans la zone de santé d’Oicha reste préoccupante.
Le docteur Kasereka Nzala Esaï, médecin directeur de l’Hôpital général de référence d’Oicha et coordonnateur de la riposte contre Ebola dans cette zone de santé, fait état de 71 cas confirmés enregistrés depuis le début de l’épidémie.
Il alerte particulièrement sur trois personnes confirmées positives qui auraient quitté le circuit de prise en charge et se trouveraient en fuite dans la communauté.
« Nous avons 71 cas confirmés dans la zone de santé d’Oicha. Parmi eux, trois sont portés disparus. Ils sont en fuite. Aidez-nous à ramener ces malades. C’est dangereux d’avoir ces trois malades dans la communauté. Ça nous expose », prévient-il au micro de nos confrères de la Radio Télévision Oïcha.
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Le médecin directeur appelle ainsi la population à collaborer avec les équipes sanitaires, à respecter les mesures de prévention et à signaler les situations suspectes aux autorités compétentes. Il insiste également sur la nécessité de ne pas dissimuler les personnes malades.
« J’étais venu tôt » : les guéris témoignent
Les six patients sortis de l’hôpital ont, de leur côté, exprimé leur reconnaissance envers le personnel soignant pour les soins reçus durant leur prise en charge.
L’une des femmes guéries raconte avoir été malade en même temps que son petit frère, qui, selon son témoignage, est arrivé tardivement à l’hôpital et n’a pas survécu.
« Merci au personnel soignant. J’ai été bien soignée. J’étais malade avec mon petit frère. Il est venu trop tard et il est décédé. Moi, j’étais venue tôt », témoigne-t-elle.
Un autre patient guéri, militaire de son état, attribue sa guérison à Dieu et aux soins reçus. Il appelle les personnes malades à se rendre rapidement dans les structures sanitaires.
Ces témoignages interviennent dans un contexte où de fausses informations circulent au sujet de la prise en charge d’Ebola. Certains messages prétendent notamment que les infirmiers injecteraient un virus mortel aux patients admis dans les centres de traitement.
Le message des guéris rejoint ainsi celui du médecin directeur : ne pas cacher les malades, ne pas croire aux rumeurs et se rapprocher rapidement des services de santé en cas de symptômes suspects.
Verite Johnson

