La situation humanitaire demeure préoccupante dans la province du Nord-Kivu, où l’insécurité persistante, les déplacements de populations et les difficultés d’accès humanitaire continuent d’aggraver les conditions de vie des civils.
Dans son rapport de situation publié le 19 mai 2026, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique que la province comptait environ 1,67 million de personnes déplacées internes au 30 avril 2026.
Parmi les principaux foyers de tension figure la zone de santé de Masisi, où la détérioration de la situation sécuritaire a provoqué le déplacement de plus de 170 000 personnes à la mi-avril. Cette nouvelle vague de déplacements exerce une pression supplémentaire sur les services sociaux de base ainsi que sur les communautés d’accueil déjà fragilisées.
OCHA souligne également que les contraintes d’accès humanitaire continuent de limiter aussi bien les mouvements des populations que les interventions des organisations humanitaires dans plusieurs territoires. L’insécurité persistante et la dégradation des axes routiers figurent parmi les principales difficultés signalées.
Dans le territoire de Rutshuru, la situation sécuritaire est restée particulièrement volatile au cours du mois d’avril, notamment dans la chefferie de Bwito. Les affrontements entre groupes armés se sont poursuivis, accentuant les risques de protection pour les civils et compliquant davantage l’accès humanitaire sur plusieurs axes, notamment Mweso–Katsiru–Nyanzale et Goma–Kanyabayonga.
Ces violences ont entraîné le déplacement d’au moins 7 300 personnes vers l’axe Birundule–Lusogha, tandis que 5 500 autres ont trouvé refuge à Kibirizi-centre.
Selon des évaluations multisectorielles citées dans le rapport, plus de 105 400 déplacés sont actuellement présents dans plusieurs localités de la zone de santé de Kibirizi. Des milliers de déplacés et de retournés vivant dans les zones de santé de Vitshumbi, Kibirizi-centre et Kanyabayonga font également face à d’importants besoins humanitaires.
Par ailleurs, dans le territoire de Beni, plus de 2 000 ménages ont été affectés par les fortes pluies enregistrées dans la chefferie des Watalinga. Ces intempéries aggravent les risques sanitaires, les pertes agricoles ainsi que la vulnérabilité des communautés locales.
Verite Johnson

