Un cri d’alarme a retenti ce mardi 2 décembre dans les rues de Butembo. La Synergie des organisations féminines de Butembo (SYOFEM) a organisé une marche pacifique pour exprimer son « ras-le-bol » face à la dégradation continue de la situation sécuritaire dans la région.
Parties du rond-point SONAS, en plein cœur du centre-ville commercial, les participantes ont convergé vers l’hôtel de ville pour y déposer un mémorandum détaillant leurs exigences.
Vêtues de tenues noires, arborant des banderoles blanches nouées sur la tête et marchant pieds nus, les femmes ont donné à leur mouvement une dimension symbolique de deuil et d’urgence.
Elles portaient des calicots avec des messages clairs et poignants : « Stop aux massacres, engageons-nous pour la paix », « Vive la paix, vive la femme », « La paix est un droit pour toutes », « Notre voix compte, notre vie aussi ».
A lire aussi : Nord-Kivu : les activités des femmes rurales affectées par les conflits armés
Dans leur document, les organisations féminines ont dressé un état des lieux sombre de la situation : conflits armés, massacres de civils, déplacements massifs des populations exposant particulièrement les femmes aux violences sexuelles, ainsi que des incendies d’habitations et de structures sanitaires.
Un appel à l’action des autorités
Yolanda Kalungero, secrétaire permanente du Groupe d’associations pour la défense des droits de l’homme et de la paix (GADHOP) et participante à la marche, a qualifié ce rassemblement d’un « acte fort » visant à interpeller les autorités sur l’urgence d’agir.
« Les massacres se sont intensifiés dans le territoire de Lubero, particulièrement sur l’axe Mangurejipa, et il y a eu beaucoup de morts, et depuis nous entendons comme si rien n’était fait« , a-t-elle déclaré. « Les femmes, les hommes et les enfants sont en train de perdre leurs vies et il y a même des centres de santé, des écoles qui sont fermés, donc il n’y a pas la paix. Nous sommes ici, c’est pour exiger qu’il y ait la paix. Nous nous sommes adressées aux autorités provinciales et locales où nous leur demandons d’agir par rapport à leur mandat pour imposer la paix. »
Le mémorandum a été réceptionné au nom du maire de ville par Teria Awite, chef du premier bureau. Ce dernier a salué le caractère pacifique de la marche et a insisté sur la nécessité de l’implication des femmes aux côtés des hommes pour que les efforts de pacification aboutissent. Il a promis que l’intégralité des demandes formulées par la SYOFEM sera « canalisée à qui de droit » pour une prise en compte.
Cette mobilisation illustre la détermination des femmes de Butembo à se positionner en actrices clés de la paix dans une région dévastée par les violences.
Providence Birugho




