La cité d’Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni, a une nouvelle fois été endeuillée. L’attaque attribuée aux rebelles ADF, survenue dans la nuit de samedi à dimanche 17 août 2025, a laissé derrière elle plusieurs morts, dont un nourrisson calciné.
Une scène insoutenable qui a ravivé les traumatismes d’une population déjà meurtrie par des années de violences.
Parmi les voix qui se sont élevées après ce drame, celle de Julienne Lusenge résonne avec force. Lauréate du prix des droits de l’Homme de l’ONU en 2023, figure emblématique de la lutte pour les droits des femmes et contre les violences sexuelles en RDC, elle a exprimé son indignation ce dimanche 17 août sur le réseau social X.
« Le temps de la récolte du cacao ne peut pas être le temps des morts. La population de Beni ne doit pas revivre le cauchemar des tueries perpétrées par les ADF », a-t-elle écrit, dénonçant l’horreur vécue à Oïcha.
Dans son message, la militante a également adressé une pensée aux familles éplorées : « Nous pleurons ces vies tragiquement perdues et nous nous tenons aux côtés des familles touchées par cette horreur. Nous exigeons la paix et la sécurité pour tous. »
Julienne Lusenge, directrice exécutive du Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC) et présidente de l’ONG SOFEPADI, n’a jamais cessé de dénoncer l’usage du viol comme arme de guerre dans l’est de la RDC. Depuis plus de deux décennies, elle s’impose comme l’une des voix les plus courageuses du pays face aux atrocités commises contre les civils.
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Son appel rappelle l’urgence d’une réponse forte et durable pour mettre fin au cycle de violence qui continue d’ensanglanter le Nord-Kivu. Alors que les champs de cacao s’apprêtent à livrer leur récolte, la militante insiste : ce moment de vie et d’espérance ne doit plus être confisqué par la mort et la barbarie.
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