Au moins 72 civils ont été tuées dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 septembre par les rebelles ADF au village Ntoyo, une entité située dans la localité de Mahoho, à près de 7 kilomètres de Manguredjipa, dans le secteur de Bapere, territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Au moins 100 autres personnes sont portées disparues.
Selon les informations relayées ce mardi par le média actualite.cd, l’attaque a commencé lundi soir, vers 22 heures locales, dans ce village situé sur la route Manguredjipa-Butembo.
Parmi les victimes figurent au moins 26 personnes issues d’une même famille, toutes surprises dans un lieu de deuil, selon des sources locales.
« C’est horrible ce que j’ai vu. Ils ont tué presque toutes les personnes qui étaient rassemblées au lieu du deuil. Des femmes sur des matelas au salon du défunt, d’autres dans le couloir, d’autres encore à l’extérieur dans la parcelle. En tout cas, nombreux ont été tués par balle. Des cadavres sont sur la route, dans des parcelles voisines du centre de Ntoyo. Je n’ai pas réussi à faire le décompte, mais c’est plus de 70 personnes au moins, ce que je peux dire. Essentiellement tués par balles », a rapporté l’abbé Paluku Nzalamingi, curé de la paroisse de Manguredjipa.
Selon le même média, relayant divers propos, dont ceux des autorités et des habitants locaux, le bilan pourrait être plus lourd.
Outre les pertes humaines, un véhicule transportant des caisses de boisson, une voiture, plusieurs maisons ainsi que des motos ont été incendiés par ces combattants.
Selon les habitants, ces ADF seraient venus du côté de Musiola, un village situé à près d’une dizaine de kilomètres, sur la droite de la route reliant Manguredjipa à Nziapanda.
Cette nouvelle tuerie a provoqué de l’émoi au sein de la population de Manguredjipa. Une forte panique a été observée toute la matinée, ont rapporté nos confrères du média Agoragrandslacs.net à travers une publication sur X.
A lire aussi : Carnage des ADF dans la région de Beni : en l’espace de 4 jours, près de 60 civils massacrés
Le secteur de Bapere demeure l’un des coins les plus isolés du reste du pays, en raison de l’absence de couverture téléphonique. Il est parfois impossible d’y lancer des alertes en cas d’urgence. Depuis le début de l’année, plusieurs incursions armées menées par ces rebelles y ont été enregistrées. L’une des plus récentes remonte à la mi-août, lorsque deux attaques successives avaient causé la mort d’au moins 40 civils.
Afoyogira Uyergiu

