La Journée internationale des infirmiers a été célébrée ce lundi 12 mai 2026 dans un climat particulier dans la zone de santé rurale de Nia-Nia, en territoire de Mambasa, province de l’Ituri.
Dans cette partie située à plus de 300 kilomètres de Bunia, les infirmiers ont observé cette journée « sous méditation » en raison de l’insécurité persistante causée par l’activisme des rebelles ADF.
Selon Elie Adiabili, président syndical des infirmiers de la zone de santé de Nia-Nia, plusieurs structures sanitaires ont été affectées par cette situation sécuritaire.
« L’insécurité n’épargne pas le secteur sanitaire. Certaines structures ont dû fermer suite à l’activisme des rebelles ADF », a-t-il déclaré à buniaactualite.cd.
D’après lui, deux centres de santé situés dans les aires de santé de Bafwakoa, en chefferie des Bandaka, et de Badengaido, en chefferie des Bombo, ne fonctionnent plus actuellement.
À cela s’ajoutent plus de douze structures sanitaires privées qui ont également cessé leurs activités à cause de l’insécurité.
« Il est difficile de célébrer alors que plusieurs infirmiers sont en débandade suite à l’insécurité. Certains vivent ici à Nia-Nia, à Mambasa centre et ailleurs sans aucune assistance. Ils mènent une vie très difficile », a ajouté Elie Adiabili.
Face à cette situation, les professionnels de santé demandent au gouvernement de renforcer la sécurité afin de permettre au personnel soignant de travailler dans des conditions acceptables.
« Nous demandons au gouvernement de sécuriser nos structures. Soigner sous les balles, c’est impossible », a insisté le responsable syndical.
Malgré ce contexte difficile, certains infirmiers des structures privées du centre de Nia-Nia se sont réunis au KMG Hôtel pour échanger sur plusieurs questions liées à leur profession.
A lire aussi : Mambasa ( Ituri ) : des présumés ADF attaquent Makumo, des morts signalées
À cette occasion, Charles Kataka, infirmier chargé des soins de nursing à la Clinique Amitié, a encouragé ses collègues à poursuivre leur mission malgré l’insécurité.
Les infirmiers ont également rappelé que le 12 mai correspond à l’anniversaire de Florence Nightingale, considérée comme la pionnière des soins infirmiers modernes.
« Florence Nightingale soignait sous les bombes en Crimée. Nous aussi, à Nia-Nia, nous travaillons dans une situation d’incertitude sécuritaire à cause de la menace persistante des ADF », a fait savoir un participant à la rencontre.
Pour plusieurs soignants, la persistance de l’insécurité dans cette région risque de fragiliser davantage l’accès aux soins pour la population locale déjà confrontée à de nombreux défis humanitaires.
Esdras Kaghoma

