La zone minière de Mongbwalu, dans le territoire de Djugu en Ituri, enregistre de nouveaux cas de maladie à virus Ebola après une période d’accalmie. Jusqu’à cinq cas positifs sont actuellement recensés certains jours, selon le responsable du pilier prise en charge de la riposte dans cette zone.
Le constat a été dressé par le Docteur Richard Lokudu, médecin directeur de l’Hôpital général de référence (HGR) de Mongbwalu et responsable du pilier prise en charge des malades d’Ebola dans la zone minière, au cours d’un entretien accordé à Buniaactualite.cd.
Selon ce médecin, la situation actuelle serait notamment favorisée par deux facteurs : la persistance de résistances communautaires aux interventions de la riposte et les importants mouvements de population entre Mungbwalu et plusieurs zones minières environnantes.
Des cas provenant également des zones minières périphériques
Le Dr Richard Lokudu indique qu’une partie importante des patients actuellement pris en charge ne provient pas directement du centre de Mongbwalu.
Plusieurs cas seraient notamment liés à des localités et sites miniers périphériques comme Pluto, Bambou et Damas.
Cette situation constitue un défi supplémentaire pour la surveillance épidémiologique dans une région caractérisée par une forte mobilité liée notamment à l’exploitation artisanale de l’or et aux activités commerciales.
Creuseurs artisanaux, négociants, commerçants et autres habitants effectuent régulièrement des déplacements entre les carrières minières, les villages environnants et le centre de Mungbwalu.
L’état de certaines routes ainsi que l’insécurité dans certaines zones compliquent également l’accès des équipes sanitaires à plusieurs localités, selon les informations recueillies sur place.
Pour les responsables sanitaires, ces mouvements nécessitent une surveillance renforcée afin de détecter rapidement les cas suspects et d’éviter que des personnes présentant des symptômes restent longtemps sans prise en charge.
Les résistances communautaires restent un défi
Outre la mobilité de la population, le Dr Richard Lokudu pointe la persistance de comportements qui compliquent les interventions sanitaires.
Des réticences aux prélèvements en cas de suspicion, des refus de certaines interventions de la riposte ainsi que la prise en charge tardive de malades continueraient d’être observés dans certaines communautés, selon le responsable médical.
Les équipes sanitaires rapportent également des difficultés liées à la méfiance envers certains dispositifs de la riposte.
Cette situation peut retarder l’identification et la prise en charge des personnes suspectées d’avoir contracté la maladie ainsi que le suivi de leurs contacts.
« Sans l’adhésion, sans la confiance et sans l’engagement total et sincère de la communauté, tous nos efforts resteront vains et nous tournerons en rond », prévient le Dr Richard Lokudu.
Renforcer la confiance avec les communautés
Pour le responsable médical, la réponse à Ebola ne peut donc pas reposer uniquement sur les structures sanitaires.
Il appelle à renforcer l’implication des chefs locaux, responsables communautaires, responsables des sites miniers, confessions religieuses et autres relais communautaires dans les zones concernées.
L’objectif est notamment d’améliorer l’alerte précoce, d’orienter rapidement les personnes présentant des symptômes vers les structures appropriées et de réduire les résistances auxquelles les équipes de la riposte restent confrontées.
La situation des sites miniers périphériques constitue également un enjeu particulier. Leur forte fréquentation et les déplacements réguliers entre ces zones et Mungbwalu rendent nécessaire une coordination de la surveillance au-delà du seul centre urbain.
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Les responsables sanitaires appellent ainsi les habitants de Mungbwalu, Pluto, Bambou, Damas et des autres localités environnantes à collaborer avec les équipes de santé et à signaler rapidement tout cas suspect.
Après l’accalmie observée précédemment, l’apparition de nouveaux cas rappelle que l’interruption durable de la transmission dépend notamment de la détection précoce des cas, de leur prise en charge, du suivi des contacts et de l’adhésion des communautés aux mesures de prévention.
Nickson Manzekele, de retour de Mongbwalu

