La société civile de la chefferie de Babila Bakwanza, dans le territoire de Mambasa, tire la sonnette d’alarme sur l’absence de couverture téléphonique dans plusieurs villages confrontés depuis plusieurs années à l’activisme des rebelles ADF.
Selon les forces vives locales, une dizaine de localités situées sur l’axe Mambasa-Lolwa demeurent privées de tout réseau de télécommunication, une situation qui complique considérablement la transmission des alertes sécuritaires et la circulation de l’information.
L’alerte a été lancée ce mercredi 10 juin par Faustin Kisindo Babanote, rapporteur de la société civile locale.
« Il y a des villages comme Bahaha, chef-lieu même de la chefferie de Babila Bakwanza, situé à environ 45 kilomètres de Mambasa sur l’axe Komanda, ainsi que Lumalisa, Makoko, Bengasoli, Mabokulu, Masiliko et Bandibwame qui ne sont pas couverts par les réseaux de télécommunication », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette situation constitue un obstacle majeur dans une région régulièrement confrontée aux incursions des groupes armés.
« Cette absence de réseau impacte négativement la gestion des alertes sécuritaires et empêche la population de dénoncer rapidement les mouvements suspects de l’ennemi », a expliqué Faustin Kisindo Babanote.
Dans une zone où les attaques des ADF continuent de représenter une menace permanente, les habitants éprouvent de sérieuses difficultés à communiquer avec les autorités administratives, sécuritaires ou humanitaires en cas d’urgence.
L’absence de couverture téléphonique ralentit également la circulation des informations relatives aux déplacements de populations, aux incidents sécuritaires ou aux besoins humanitaires.
Pour la société civile, le désenclavement numérique de ces villages constitue aujourd’hui une nécessité aussi importante que les autres mesures de sécurisation de la région.
Inquiètent, les forces vives de Babila Bakwanza appellent les entreprises de télécommunication opérant en Ituri à intervenir rapidement afin d’étendre leurs services dans ces zones enclavées.
« Nous demandons aux responsables des services de télécommunication de comprendre la gravité de la situation et d’intervenir le plus rapidement possible pour désenclaver ces villages », plaide la société civile.
Les acteurs communautaires estiment que l’amélioration de la couverture réseau permettrait non seulement de renforcer les mécanismes d’alerte précoce, mais aussi de faciliter les activités économiques et sociales des populations locales.
Alors que les défis sécuritaires demeurent importants dans plusieurs parties du territoire de Mambasa, la société civile considère l’accès aux télécommunications comme un outil essentiel de protection des populations. Pour les habitants de Babila Bakwanza, disposer d’un simple signal téléphonique pourrait parfois faire la différence entre une alerte transmise à temps et une attaque survenue dans le silence.
Yves Romaric Baraka

