La province de l’Ituri, située au nord-est de la République démocratique du Congo, meurtrie depuis le mois de décembre 2017, est encore butée à diverses difficultés à part la tuerie des civils, le vol, le viol des femmes et des jeunes filles, voire les conflits de limite ou administratifs qui sont, pour la plupart des cas, les causes de l’insécurité.
C’est le cas de la chefferie des Bandaka en territoire de Mambasa où l’agglomération de Niania située à plus de 300 kilomètres au sud-ouest de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, qui est en train d’être spoliée par le groupement Babonde du secteur Maberu Malika Babudu « MMB », territoire de Wamba, qui a déjà déplacé les limites en détruisant les bornes qui étaient pourtant placées par les experts de l’institut géographique du Congo qui étaient placées à 3 km de Nia-Nia sur le ruisseau Magbundu, une limite naturelle.
Constat fait par un reporter de buniaactualite.cd lors de son récent séjour dans la zone. Peu après sa descente sur le lieu où les bornes étaient détruites, il a tendu le micro au chef de la chefferie des Bandaka qui confirme aussi le fait et alerte les autorités sur les risques et/ou conséquences qui peuvent en découler si rien n’est fait dans l’immédiat.
Christian Alimasi dit avoir, maintes fois, alerté sa hiérarchie mais sans suite favorable, avec une forte probabilité que 3 kilomètres de Niania soient pris de force par le secteur MMB de la province voisine du Haut-Uele sur la route de desserte agricole menant vers 51. Ceci, malgré le bornage intervenu, il y a peu, par une délégation de l’Institut géographique.
« Le plus grand problème que nous avons est le conflit de limite avec le secteur MMB du Haut-Uele. Nous patientons toujours les autorités pour décanter cette situation car la fois passée, il y a eu une délégation de l’Institut géographique qui a placé la limite, clarifié et borné mais malheureusement ça n’a pas été respecté par nos voisins. Les bornes qui étaient à 3 kilomètres ont été saccagées et sabotées », a alerté Christian Alimasi dans des propos recueillis par buniaactualite.cd le 06 novembre 2025.
Un manque à gagner pour l’Ituri
Depuis l’envahissement de ces espaces par le Haut-Uele, des conséquences sont légion sur la chefferie de Bandaka et par ricochet sur la province de l’Ituri. Tenez, l’économie de la chefferie est menacée car ce secteur a déjà créé un marché à Niania dans lequel les recettes perçues échappent à l’Ituri en faveur du Haut-Uele.
Il en est de même pour certains terrains que la chefferie veut mettre en valeur, à l’instar de « Mba Tambakis », mais suite à sa géolocalisation dans l’espace spolié par le Haut-Uele, le développement aussi est freiné ou mieux bloqué.
De la crainte si rien n’est fait !
Christian Alimasi, qui prône la pacification et le dialogue pour trouver une solution à ce problème, craint, néanmoins, que la patience perdure et que la communauté locale puisse se prendre en charge : « Nous sommes en train de patienter mais des fois la patience a aussi des limites. Notre crainte est qu’un jour, si la patiente atteint sa limite du côté de Bandaka, ça ne donne pas une bonne image parce que les gens risqueront de se faire du mal ».
C’est pourquoi, pour ne pas y arriver, le coutumier sollicite l’implication directe du gouverneur militaire, le lieutenant-général Luboya N’kashama Johnny, pour qu’il entre en contact avec son homologue du Haut-Uele afin de pallier cette situation comme il en a fait, en 2023, à Nzinzi dans le territoire d’Aru où un conflit tentait de se créer.
Précisons qu’à part PK 1, d’autres conflits de limite entre la chefferie de Bandaka en Ituri et du secteur MMB du Haut-Uele sont localisés dans les entités comme PK 25 aux alentours de la carrière minière Kputuka, le foyer minier de Lassa près du village Bafwabango (Pk51) sur l’axe Isiro, pour ne citer que ceux-ci.
Notons que depuis la démarcation des délimitations administratives entre les territoires de Mambasa en Ituri et Wamba dans le Haut-Uélé, le groupement Babonde ne cesse de violer l’esprit du communiqué final des travaux des experts, pourtant qui étaient réalisés en présence des autorités de deux provinces dont l’Ituri et le Haut-Uélé.
Nickson Manzekele

