La coordination territoriale de la Société civile Forces vives de Mambasa salue les opérations lancées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre des groupes armés actifs dans cette partie de la province de l’Ituri. Elle demande toutefois à l’armée de maintenir parallèlement la pression militaire contre les ADF, particulièrement dans les zones affectées par leurs attaques.
Cette position a été exprimée samedi 5 septembre 2026 par Yuma Mungeni Imurani, coordonnateur territorial de la Société civile Forces vives de Mambasa, au cours d’un entretien accordé à Buniaactualite.cd.
Pour cet acteur de la société civile, les opérations annoncées par les autorités constituent un soulagement pour une population confrontée ces derniers mois à une dégradation de la situation sécuritaire.
« La décision des autorités militaires arrive comme un ouf de soulagement, car le territoire de Mambasa traverse une situation sécuritaire chaotique ces derniers jours. La paix doit être une réalité pour les habitants confrontés à de sérieux problèmes d’insécurité », a déclaré Yuma Mungeni Imurani.
Les groupes se réclamant des Wazalendo particulièrement visés
Les premières opérations concernent notamment des groupes armés locaux se réclamant des « VDP/Wazalendo », dont certaines positions avaient été signalées dans le territoire de Mambasa.
Interrogé sur ces groupes, Yuma Mungeni Imurani estime que leur présence n’a pas permis d’empêcher les mouvements et les attaques attribués aux ADF dans certaines zones.
Pour lui, s’ils entendent réellement contribuer au rétablissement de la sécurité, leurs membres devraient privilégier le désarmement et intégrer les mécanismes officiels prévus par l’État.
La Société civile les appelle ainsi à déposer les armes et à s’engager dans le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS).
Yuma Mungeni Imurani accuse également certains de ces groupes d’imposer leurs propres règles aux populations dans les zones où ils sont présents. Ces allégations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante par Buniaactualite.cd.
« Ne pas baisser les bras » face aux ADF
Si la Société civile soutient les opérations contre les groupes armés locaux, elle demande aux FARDC de ne pas détourner leur attention de la menace représentée par les ADF.
« Tout en traquant les groupes armés locaux, l’armée ne devrait pas baisser les bras avec son partenaire UPDF dans la poursuite de l’ennemi ADF », plaide Yuma Mungeni Imurani.
Il cite particulièrement les groupements Babila-Teturi et Bangole, dans la chefferie des Babila-Babombi, parmi les zones qui restent confrontées aux violences attribuées à ce groupe armé.
Plusieurs attaques contre des civils ont été rapportées ces dernières semaines dans cette partie du territoire de Mambasa, provoquant des pertes en vies humaines, des disparitions, des déplacements de populations et des dégâts matériels.
La réaction de la Société civile intervient après un communiqué officiel publié le 3 septembre par l’administrateur du territoire de Mambasa, le commissaire supérieur principal Jean-Baptiste Matadi Muyapandi.
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Dans ce document, l’autorité territoriale annonçait des opérations des FARDC contre des hommes armés se réclamant des Wazalendo et signalés notamment dans les environs de Mayuano et Bango, en chefferie des Babila-Bakwanza.
L’administrateur avait également rappelé qu’aucun groupe armé n’était autorisé à opérer dans le territoire et demandé aux personnes concernées de se conformer aux directives des autorités.
Au moment de la publication de cet article, aucun bilan officiel des premières opérations militaires menées dans ces zones n’avait encore été communiqué.
Yves Romaric Baraka

