Le territoire de Mambasa connaît une diminution relative des attaques attribuées aux rebelles des ADF depuis près de deux mois. Une accalmie observée entre mai et juin 2026, mais que les autorités locales considèrent encore comme fragile et insuffisante pour parler d’un véritable retour à la normale.
Invité de Radio Okapi ce dimanche 28 juin 2026, le commissaire supérieur principal Matadi Muyapandi Jean Baptiste a confirmé une baisse sensible des attaques armées sur l’ensemble du territoire, après plusieurs mois marqués par une recrudescence des violences depuis janvier dernier.
Malgré cette amélioration relative, l’autorité territoriale insiste sur la nécessité de rester prudent face à une menace toujours présente.
« L’accalmie reste précaire et volatile », a insisté l’administrateur du territoire.
A lire aussi : Mambasa ADF : des corps continuent d’être retrouvés après les récentes attaques, « l’abandon » des habitants dénoncé
Si la situation sécuritaire semble momentanément moins tendue, les conséquences humanitaires et économiques demeurent importantes pour les populations locales.
Selon l’administrateur territorial, l’insécurité persistante continue d’empêcher de nombreux habitants d’accéder librement à leurs champs, par crainte d’éventuelles embuscades sur les axes ruraux.
À cette situation s’ajoute l’effondrement récent du pont Ituri 2, infrastructure stratégique reliant notamment le territoire de Mambasa à certaines zones du Nord-Kivu, perturbant considérablement les échanges commerciaux.
Cette double contrainte pèse lourdement sur l’économie locale déjà fragilisée.
L’administrateur de Mambasa a salué les efforts menés par les FARDC, qui poursuivent les opérations contre les rebelles.
Il a également reconnu l’appui apporté par l’armée ougandaise, l’UPDF, engagée aux côtés des forces congolaises dans les opérations conjointes de traque contre les combattants ADF.
Par ailleurs, la MONUSCO a récemment renforcé sa présence dans certaines zones du territoire afin de contribuer à la protection des populations civiles.
Les habitants appelés à renforcer l’alerte communautaire
Au regard de cette situation sécuritaire encore instable, les autorités locales demandent à la population de renforcer la collaboration avec les services de sécurité, notamment à travers le signalement rapide de tout mouvement suspect.
« Notre souci est de voir la population dénoncer en temps réel pour permettre l’intervention rapide de nos forces. Collaborons avec les services de sécurité pour mettre fin à l’insécurité », plaide Matadi Muyapandi.
Selon plusieurs données locales, les attaques attribuées aux ADF ont déjà affecté l’ensemble des sept chefferies que compte le territoire de Mambasa.
En avril dernier, l’insécurité avait notamment entraîné la délocalisation de plusieurs écoles situées sur l’axe Badengaido–Nia-Nia vers le centre de Nia-Nia, tandis que le centre de santé de Bafwakoa avait été contraint de suspendre ses activités.
Malgré l’accalmie observée ces dernières semaines, les autorités estiment donc que la prudence reste de mise face à une menace encore active dans cette partie de l’Ituri.
Esdras Kaghoma depuis Nia-Nia

