Une attaque d’hommes armés non encore clairement identifiés a visé la localité de Muchacha-Mavuvu, chef-lieu du groupement Enjewa dans la chefferie des Bombo, territoire de Mambasa, en province de l’Ituri.
La société civile forces vives de cette chefferie, qui confirme l’information, indique que l’attaque a débuté aux environs de 20 heures locales dans la soirée du mercredi 11 mars 2026. Muchacha est située au sud-est de Badengaido, chef-lieu de la chefferie de Bombo.
Selon cette structure citoyenne, les militaires ont réagi aux tirs des assaillants, provoquant des échanges de coups de feu qui se sont poursuivis toute la nuit et même jusque dans la matinée de ce jeudi.
Joint par téléphone par Buniaactualite.cd, Benjamin Lonema, coordonnateur de la société civile forces vives des Bombo, fait état d’un premier bilan humain.
« C’est depuis 20 heures que Muchacha est attaqué, les gens ne savent pas réellement l’identité des assaillants, nous sommes très submergés ici à Badengaido par les déplacés qui viennent de Muchacha », indique Benjamin Lonema.
D’après lui, quatre personnes ont été tuées, dont une par balle. Les trois autres auraient été tuées à l’arme blanche dans leurs champs situés aux alentours de Muchacha.
Outre les pertes en vies humaines, la base chinoise installée à Muchacha, ainsi que plusieurs habitations et des motos, ont été incendiées par les assaillants.
Par ailleurs, d’autres sources locales rapportent que deux sites miniers exploités par des expatriés chinois ont été attaqués dans la nuit du 11 au 12 mars 2026 dans les villages de Mutchatcha et Mavuvu, toujours dans le territoire de Mambasa. Selon ces sources, la situation reste encore confuse, mais un bilan d’au moins deux morts et plusieurs maisons incendiées est évoqué.
Des structures locales affirment que les auteurs de cette attaque ne sont pas encore formellement identifiés. De leur côté, des autorités sécuritaires indiquent que des enquêtes ont été ouvertes afin d’établir les responsabilités.
Réagissant à cette situation, un ancien cadre de la CRDH/Mambasa condamne ces violences survenues dans la chefferie de Bombo. Il s’interroge également sur la poursuite de l’exploitation minière dans cette zone, rappelant que certaines parties de ce territoire se trouvent dans la réserve de faune à okapis (RFO).
Suite à cette attaque, un mouvement de panique s’est observé dans la zone. Plusieurs habitants ont fui Muchacha en traversant la rivière Ituri. D’autres quittent également la localité de Talawa, située non loin de Muchacha-Mavuvu, par crainte de nouvelles violences.
Les ressortissants chinois ainsi que leurs travailleurs ont, quant à eux, été évacués vers Nia-Nia centre, dans la chefferie voisine des Bandaka, pour des raisons de sécurité.
Pour l’instant, un déploiement des militaires des FARDC est signalé dans la zone afin de tenter de neutraliser le groupe armé à l’origine de cette attaque contre Muchacha-Mavuvu.
Esdras Kaghoma depuis Nia-Nia

