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    La situation sécuritaire demeure alarmante dans plusieurs entités du territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Le député national Jefferson Abdallah Pene Mbaka, élu de Mambasa et gouverneur honoraire de l’Ituri, tire la sonnette d’alarme sur l’emprise grandissante des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans cette partie du nord-est de la République démocratique du Congo.

    Dans des propos recueillis par buniaactualite.cd, l’élu affirme que les ADF circulent librement dans plusieurs zones, notamment dans la chefferie de Babila Bakwanza, où ils imposeraient leur loi à la population civile. Selon lui, leur présence est également signalée dans les chefferies des Bandaka et des Bombo.

    Jefferson Abdallah Pene Mbaka se dit particulièrement préoccupé par la situation dans certaines chefferies quasiment vidées de leurs habitants à cause des violences et de la peur permanente. « Plus grave, la chefferie des Walese Dese serait totalement abandonnée par la population suite à l’insécurité. Dans celle des Walese Karo, la situation n’est pas rassurante non plus », déplore-t-il.

    Face à cette dégradation sécuritaire, le député appelle les habitants à renforcer leur collaboration avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), engagées dans les opérations militaires contre les ADF dans la région. Il estime qu’un soutien populaire accru pourrait permettre à l’armée de mieux protéger les civils et de restaurer progressivement l’autorité de l’État dans les zones sous menace rebelle.

    Cette alerte intervient alors que plusieurs acteurs locaux dénoncent une nouvelle stratégie des ADF consistant à asseoir leur contrôle direct sur certaines localités rurales. Mardi 05 mai 2026, l’activiste des droits humains Ram’s Malikidogo a rapporté une nouvelle incursion rebelle dans le village de Leta Crédit, en chefferie des Babila Bakwanza.

    Selon ses informations, plus de 80 combattants ADF auraient encerclé cette bourgade pendant plusieurs heures afin d’imposer des taxes mensuelles aux habitants, fixées à 30.000 francs congolais, ainsi qu’une redevance annuelle. « L’ennemi a occupé le village jusqu’à 18 heures sans aucune intervention militaire », a dénoncé Ram’s Malikidogo.

    Avant leur retrait, les assaillants auraient emporté plusieurs biens de la population, notamment des chèvres, des poules et d’autres objets de valeur, accentuant davantage la psychose dans cette partie du territoire de Mambasa.

    Malgré la poursuite des opérations conjointes menées contre les ADF, de nombreuses voix continuent de réclamer des actions militaires plus visibles et plus efficaces afin d’empêcher les groupes armés d’étendre leur influence sur les zones rurales de l’Ituri.

     

    Esdras Kaghoma depuis Nia-Nia

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