À l’occasion de la Journée internationale contre le recrutement d’enfants soldats, célébrée chaque 12 février, le Comité provincial d’enfants de l’Ituri a lancé un appel contre ce phénomène.
Cette journée, adoptée le 25 mai 2000 et entrée en vigueur le 12 février 2002, vise à protéger les enfants les plus vulnérables. En Ituri, la province reste confrontée à des niveaux élevés d’insécurité, qui exposent les jeunes au recrutement par des groupes armés.
Lors d’un point de presse jeudi 12 février, la présidente du Comité, Richardine Pituwa a dénoncé le recours aux enfants par les groupes armés.
« Par manque d’adultes dans leurs rangs et face à l’absence de forces de sécurité efficaces, les enfants deviennent des proies faciles », a-t-elle expliqué.
Le Comité a précisé que dans ce contexte, les enfants sont parfois utilisés comme combattants, espions, motivateurs, boucliers humains, porteurs d’armes ou à des fins sexuelles. Dans les villes de Bunia et Mahagi, certains enfants abandonnés errent, sans accès à l’éducation ou à un cadre familial sécurisé.
Malgré la loi portant protection de l’enfant (articles 13 et 17), qui garantit le droit à la vie et à un cadre familial épanoui, ces dispositions restent largement inappliquées dans la province.
Interrogé sur l’ampleur du phénomène, le comité a indiqué que le recrutement se poursuit chaque jour et que la seule réponse possible, pour l’instant, reste la sensibilisation et le plaidoyer auprès des autorités.
« Nous voulons nous rendre sur le terrain avec nos partenaires pour analyser la situation et trouver ensemble des solutions », expliqué Richardine.
Face à cette situation, le Comité a formulé trois demandes principales :
- Rétablir l’autorité de l’État dans tous les territoires de la province pour assurer la sécurité.
- Exiger des chefs rebelles la libération immédiate des enfants.
- Saisir la Cour pénale internationale pour enquêter et faire éclater la vérité sur ces violations.
« Des enfants qui pourraient devenir médecins ou enseignants sont utilisés dans des conflits armés », a conclu le Comité.
Le droit international humanitaire est clair : les enfants doivent être protégés dans les conflits. Le Comité provincial d’enfants appelle donc les groupes armés à relâcher tous les enfants sans exception.
Grâce Kasemire

