Une rencontre entre les leaders communautaires de Nia-Nia et une délégation humanitaire s’est tenue ce vendredi 31 juillet 2026 afin de lever les obstacles qui freinent la riposte contre Ebola, déclarée dans cette zone de santé depuis le 13 juin dernier.
Les échanges, organisés à l’hôtel KMG, ont duré plus de trois heures. Ils ont réuni les responsables locaux et une délégation conduite par le Forum Accès humanitaire-Ituri.
Sans détour, les participants ont abordé les principales causes de la résistance observée au sein de la communauté face aux interventions de lutte contre Ebola dans la zone de santé de Nia-Nia.
Ouvrant les travaux, le chef de la chefferie des Bandaka, Christian Alimasi, a appelé chacun à jouer pleinement son rôle dans la sensibilisation de la population.
«Je demande à chacun d’être sensibilisateur pour espérer vaincre Ebola », plaide le chef Christian Alimasi.
L’autorité coutumière a également invité les habitants à réserver un bon accueil aux équipes humanitaires actuellement présentes dans la zone pour évaluer la situation sanitaire, afin de faciliter l’accès des autres organisations appelées à renforcer la riposte.
À l’unanimité, les participants estiment que la résistance communautaire est alimentée par « des personnes de mauvaise foi qui intentionnellement véhiculent de mauvais messages liés à Ebola ».
Conscients de la gravité de la situation, les leaders communautaires, en particulier les jeunes et les femmes, ont exprimé leur volonté d’accompagner les équipes de la riposte. Ils se sont aussi dits favorables à l’organisation d’atterrissages d’avions humanitaires afin de renforcer l’appui à la zone de santé.
« Nous sommes prêts à accompagner les équipes de la riposte et à faciliter le travail des humanitaires sur terrain », ont affirmé quelques leaders communautaires dans des propos recueillis par buniaactualite.cd.
Les représentants de Bafwabango, localité située au PK 51 sur l’axe Nia-Nia-Isiro et considérée comme le principal foyer de la maladie dans la zone de santé de Nia-Nia, ont également lancé un appel. Ils saluent l’arrivée des humanitaires et demandent leur déploiement rapide à Bafwabango, où les décès communautaires avoisineraient une dizaine par jour. La riposte y est suspendue depuis le 30 juin, après l’incendie du Centre de traitement Ebola (CTE) par un groupe de jeunes.
« Nous demandons aux humanitaires de venir à Bafwabango pour palper la réalité sur terrain et relancer la riposte. Nous exhortons aussi la population à croire à l’existence de la maladie », insistent les leaders communautaires de Bafwabango.
Déclarée le 13 juin 2026 dans la zone de santé de Nia-Nia, l’épidémie d’Ebola totalisait, au 31 juillet, 104 cas confirmés, 54 décès et 16 personnes guéries, selon le bulletin épidémiologique.
Esdras Kaghoma, depuis Nia-Nia

