L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) a exprimé, sur son site officiel, son indignation et sa plus vive condamnation après l’agression violente de trois journalistes par des éléments des FARDC, le 8 septembre dernier à Uvira.
D’après Olpaonline.com, les victimes sont André Alimasi de Lumière Média TV, Cléophas Kyembwe et Hussein Djumaine de la Radio-Télévision Lukula. Ils ont été attaqués alors qu’ils couvraient un rassemblement de protestation devant la mairie d’Uvira, dans le quartier Namyanda. Cette manifestation, organisée par des acteurs de la société civile et des miliciens « Wazalendo », dénonçait la nomination du général Olivier Gasita au poste de commandant des opérations et du renseignement de la 33ᵉ région militaire des FARDC, accusé par les protestataires de collusion avec les rebelles du M23, responsables de la chute de Bukavu.
Selon le rapport de l’OLPA, les journalistes ont été pris pour cible par des militaires leur reprochant d’avoir filmé des soldats ouvrant le feu à balles réelles sur la foule. Ces derniers se sont ensuite livrés à des brutalités et ont détruit leur matériel de travail, dont une caméra, un micro-cravate, un dictaphone et un trépied.
Blessé au bras, Cléophas Kyembwe a été évacué d’urgence vers le centre de santé de Mulongwe, où il a reçu des soins.
Dans un communiqué, l’OLPA a dénoncé une « violation flagrante de la liberté de la presse », pourtant garantie par les textes juridiques nationaux et internationaux relatifs aux droits humains. L’organisation indépendante appelle les autorités à diligenter sans délai une enquête approfondie afin d’identifier les auteurs et de les sanctionner conformément à la loi.
Elle rappelle en outre que la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier est une condition indispensable à la démocratie et exige que des mesures soient prises pour éviter la répétition de tels actes.
Par ailleurs, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a lancé un appel au calme et annoncé, lors de l’émission Face à Face tournée à Genève le 8 septembre 2025, qu’« une mission gouvernementale de très haut niveau va bientôt se rendre sur place ».
Grâce Kasemire

