Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a annoncé officiellement, ce jeudi, la résurgence de la maladie à virus Ebola, souche Zaïre, dans la zone de santé de Boulapé, province du Kasaï. Il s’agit de la seizième épidémie enregistrée en République démocratique du Congo.
Selon les précisions du ministre, les premiers signaux sont apparus le 20 août 2025 avec le cas d’une femme enceinte de 34 ans admise à l’Hôpital général de Boulapé, présentant une forte fièvre, des vomissements, une faiblesse extrême et des hémorragies. Les analyses réalisées le 3 septembre par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) ont confirmé la présence du virus.
À ce jour, le bilan provisoire fait état de 28 cas suspects et 15 décès, dont quatre parmi le personnel soignant. Le taux de létalité estimé à 53,6 % illustre la gravité de la situation, a indiqué le ministre, qui précise toutefois que les chiffres évolueront au fur et à mesure de la progression des investigations.
Une riposte déjà en marche
Face à cette urgence, le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP) a activé son système de gestion des incidents. Des équipes d’intervention rapide sont déployées, la surveillance épidémiologique renforcée, et des structures de triage et d’isolement mises en place. Des sépultures sécurisées sont également organisées afin de protéger les communautés tout en respectant la dignité des familles.
Le ministère insiste sur l’importance de l’information et de la sensibilisation. « Une rumeur voyage plus vite que le virus », a rappelé le ministre. Des campagnes radios en langues nationales, des relais communautaires et religieux ainsi que des actions de proximité sont lancés pour renforcer l’engagement des populations.
Des consignes claires à la population
Les autorités sanitaires appellent la population à :
signaler immédiatement tout cas suspect au centre de santé ou via le numéro vert 151 ;
éviter tout contact direct avec une personne malade ou un corps non pris en charge ;
s’abstenir de manipuler ou consommer des animaux trouvés morts ;
respecter les règles d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains ;
déclarer les malades au lieu de les cacher, et refuser toute stigmatisation.
Le gouvernement a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et rendu hommage aux agents de santé décédés, qualifiés de « héros discrets » pour leur engagement en première ligne.
Verite Johnson

