Le Groupe d’experts des Nations Unies maintient ses conclusions sur le rôle du Rwanda dans le conflit qui oppose l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Dans son rapport final publié en juin 2026, il affirme que l’appui de la Force de défense rwandaise (RDF) demeure un facteur déterminant dans les capacités militaires et l’expansion territoriale de l’AFC/M23. Kigali a, de son côté, régulièrement rejeté les accusations formulées dans les précédents rapports onusiens.
Selon les experts, le soutien de la RDF a permis à l’AFC/M23 d’étendre son contrôle territorial au cours de l’année 2025. Le rapport cite notamment la prise de la ville d’Uvira en décembre 2025, avant un retrait intervenu quelques semaines plus tard sous l’effet de pressions diplomatiques.
Toutefois, les enquêteurs estiment que ce retrait ne s’est pas traduit par une fin des opérations militaires, mais plutôt par un repositionnement tactique des forces concernées.
Les Nations Unies indiquent que les engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques de Washington et de Doha n’ont été que partiellement respectés. D’après le rapport, les mouvements observés à partir de mars 2026 ne correspondaient pas à un retrait complet des forces rwandaises, mais à des redéploiements vers d’autres zones stratégiques des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Les experts affirment que des effectifs, de l’artillerie lourde ainsi que des équipements sophistiqués, notamment des systèmes de brouillage électronique et de défense aérienne, ont été déplacés vers de nouveaux secteurs d’opérations.
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Le rapport relève également qu’au moment de la finalisation de l’enquête, la RDF et l’AFC/M23 continuaient de contrôler plusieurs localités dont le retrait avait pourtant été annoncé dans le cadre des accords diplomatiques. Les combats se poursuivaient notamment autour des territoires de Walikale et Masisi, tandis qu’au Sud-Kivu, les experts n’ont constaté aucun retrait des forces concernées. Ils signalent même l’arrivée de nouveaux renforts et d’équipements militaires en provenance du Rwanda au cours du mois d’avril 2026.
Les enquêteurs estiment par ailleurs que certains engagements prévus dans le « plan de mesures initiales » élaboré à Washington illustrent l’influence exercée par Kigali sur l’AFC/M23. Le document examinait notamment un engagement du Rwanda à faire pression sur le mouvement afin qu’il cesse ses attaques contre les positions congolaises, un élément que le Groupe d’experts considère comme une indication supplémentaire d’une relation de commandement et de contrôle entre les deux acteurs.
Sur le plan diplomatique, le rapport rappelle qu’au début du mois de mars 2026, les États-Unis ont imposé des sanctions contre la RDF et quatre de ses hauts responsables en raison de ce qu’ils considèrent comme un appui opérationnel direct à l’AFC/M23. Cette décision est intervenue dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements malgré les différents processus de médiation engagés.
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