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    Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), une institution d’appui à la démocratie en République démocratique du Congo (RDC), est au cœur d’une nouvelle controverse. Le régulateur est accusé d’avoir imposé un « embargo médiatique » sans motif apparent à Parole Kamizelo, un analyste politique de la chaîne de télévision PSTV, surnommé « Maîtrisable » et le « Philosophe ».

    Cette décision, qui l’interdit d’apparaître sur tous les médias du pays pour une durée de 90 jours, suscite de vives critiques et remet en question la mission du CSAC de garantir la liberté d’expression.

    Une sanction administrative aux allures de censure

    Une notification officielle, datée du 9 septembre 2025 et signée par le secrétaire d’instruction Thèophile Nsimi Mindondo, a été adressée à Parole Kamizelo. Le document, qui semble avoir fuité sur les réseaux sociaux, précise que l’embargo de 90 jours est imposé conformément à l’article 46 de la loi organique n° 11/001 du 10 janvier 2011, qui porte sur la composition et les attributions du CSAC.

    Cependant, selon l’opposant Kamizelo, qui s’est exprimé peu après la révélation de cette interdiction, « il n’a reçu aucune notification formelle et n’a jamais été entendu par l’instance de régulation« . Il a dénoncé cette mesure comme un « acte de censure », affirmant qu’il « continuerait de « s’exprimer ». Cette prise de position montre sa détermination à poursuivre « son combat médiatique malgré la sanction« . « Le CSAC a choisi de réduire au silence cette voix dissonante au moment où elle gagne en influence dans l’espace médiatique« , pense un internaute.

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    Le CSAC, institution d’appui à la démocratie ou outil politique ?

    Cette décision intervient dans un contexte politique tendu en RDC, où le débat public reste sous haute surveillance. Les critiques s’élèvent pour dénoncer une instrumentalisation du CSAC à des fins politiques. L’institution, dont le rôle est de veiller au respect de la déontologie et de l’accès équitable aux médias, est accusée de servir les intérêts du parti au pouvoir, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).

    Des observateurs et des journalistes, estiment que le CSAC a de nouveau failli à sa mission de garantir la liberté de la presse. Cette institution est censée être un rempart contre les abus de pouvoir et la censure, mais ses actions récentes semblent plutôt la transformer en un outil pour faire taire les voix critiques.

    La liberté d’expression, principe fondamental de toute démocratie, semble une fois de plus mise à mal. Une décision critiquée aussi par le PPRD, parti politique de l’ancien président Joseph Kabila.

    Parole Kamizelo s’était fait connaître ces derniers temps pour ses interventions incisives et sa capacité à bousculer le débat public. C’est le contenu de certaines de ses déclarations, jugées trop virulentes envers les autorités, qui aurait motivé cette sanction.

    L’embargo médiatique pourrait être perçu comme une tentative d’étouffer une voix influente et de décourager d’autres critiques.

    L’affaire Kamizelo rappelle les défis persistants auxquels sont confrontés les opposants et les journalistes en RDC pour s’exprimer librement. Alors que le pays s’efforce de consolider ses institutions démocratiques, de tels actes de censure jettent une ombre sur les progrès réalisés. La communauté médiatique et la société civile appellent le CSAC à revenir à sa mission initiale, qui est de soutenir la démocratie et non de la menacer.

    Rédaction

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