Le gouvernement central de la République démocratique du Congo a-t-il encore une attention sur la province de l’Ituri ? À quand combler le vide sécuritaire et mobiliser les institutions pour la question de l’Ituri ? Voilà autant de questions de l’Assemblée Provinciale de l’Ituri sur la résurgence des exactions dans le territoire de Djugu où plus de 60 personnes ont été tuées en l’espace de 5 jours.
La première institution provinciale, contre cette reprise des hostilités, condamne le propos des autorités provinciales qualifiant les massacres de Djugu de « provocation-représailles », pourtant elles ont mission de contenir soit ces provocations, soit ces représailles.
« (…) Dénonçons le faible engagement des animateurs de l’état de siège qui se complaisent à justicier ces différents crimes par les concepts « provocation-représailles » et pourtant, ces animateurs ont pour mission de contenir les menaces des groupes armés et d’imposer la paix dans un bref délai tel que stipulé dans l’ordonnance portant proclamation de l’état de siège… Nous nous interrogeons : le gouvernement de la République a-t-il encore une attention sur la province de l’Ituri ? Si oui, à quand combler le vide sécuritaire… ? », déclarent les élus provinciaux présents à Bunia, dans des propos recueillis par buniaactualite.cd ce 13 février 2025.
Dans cette déclaration lue par Pelé Kaswara, rapporteur de cet organe délibérant, les députés provinciaux issus des différents territoires alertent aussi sur la migration de certains groupes armés Mai-Mai du Nord-Kivu vers l’Ituri, pourtant cités comme ce qui collaboreraient avec les ADF, un autre groupe rebelle endommageant les territoires d’Irumu et de Mambasa.
Tout en exprimant leurs compassions aux familles touchées directement et indirectement par le récent carnage en territoire de Djugu, ils recommandent ce qui suit :
1. À l’État congolais d’assumer toutes ses prérogatives constitutionnelles, notamment celle d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens,
2. Au Gouvernement de la République, de diligenter une enquête pour que les auteurs de crimes commis en Ituri depuis 2017 soient traduits devant la justice pour répondre de leurs actes,
3. Au même gouvernement, d’apporter une assistance humanitaire à de déplacés et des retournés disséminés dans plus de 72 sites de déplacés sur toute l’étendue de la province de l’Ituri.
Nickson Manzekele

