Archives

    La Fédération des Comités des Pêcheurs du Lac Albert (FECOPELA) appelle les autorités congolaises à prioriser la sécurité des pêcheurs avant toute exigence fiscale ou administrative. Dans un communiqué publié le 30 juin à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la RDC, elle dénonce la persistance des violences, des extorsions et des tracasseries sur le lac Albert et ses environs.

    Selon cette organisation, il est « injuste » d’exiger des taxes ou des droits aux pêcheurs sans garantir au préalable leur protection. « La protection des personnes et de leurs biens doit précéder toute exigence administrative ou financière », souligne la FECOPELA dans son communiqué parvenu à notre rédaction.

    Insécurité persistante sur le lac Albert

    La fédération affirme que les pêcheurs continuent d’être victimes de pillages, d’exactions, d’extorsions et de vols. Elle pointe notamment la responsabilité de groupes armés actifs dans la région, dont la Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI), qui agiraient selon elle « au vu et au su de tous », sans réponse suffisante des autorités.

    Pour la FECOPELA, cette situation est « inacceptable » et compromet gravement les activités économiques des communautés de pêcheurs, pourtant essentielles à l’approvisionnement local.

    Une série de recommandations aux autorités

    Dans son communiqué, la fédération s’adresse au Président de la République, au Gouvernement, aux autorités provinciales, aux services de sécurité ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers. Elle appelle à des mesures urgentes, notamment :

    la restauration durable de la sécurité sur le lac Albert et son littoral, à travers la neutralisation des groupes armés ;

    la fin de l’anarchie administrative et la clarification des compétences des différents services de l’État ;

    la protection effective des pêcheurs contre les violences, enlèvements et extorsions ;

    une réglementation « juste, transparente et concertée » de la pêche, notamment sur la question des filets sennes ;

    des sanctions contre les agents impliqués dans les perceptions illicites et le rançonnement ;

    et le renforcement de la coopération transfrontalière avec l’Ouganda pour une gestion pacifique du lac Albert.

    « Les pêcheurs demandent seulement à travailler en paix »

    La FECOPELA insiste sur le fait que les pêcheurs ne réclament « ni privilège ni faveur », mais simplement le droit de travailler dans un environnement sécurisé et stable.

    « Il est inadmissible que ceux qui nourrissent la nation continuent de subir humiliations, pillages, extorsions et souffrances quotidiennes », conclut le communiqué.

    L’organisation estime enfin que le lac Albert ne doit plus être un espace d’insécurité ni de confusion administrative, mais un cadre de gestion concertée entre l’État et les acteurs du secteur de la pêche.

    Dorcas Faya

    Leave A Reply

    error: Content is protected !!