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    À Kpandroma et dans plusieurs localités du secteur des Walendu Pitsi, dans le territoire de Djugu, en province de l’Ituri, la peur s’installe à nouveau à l’approche de Noël et du Nouvel An.

    Le phénomène dit « Yudda », souvent associé à des actes de violence, de disparitions et d’agressions mystérieuses, alimente les inquiétudes des habitants.

    Ce terme, traduit localement par « vampire » ou trafiquant de sang humain, est devenu synonyme de terreur annuelle dans cette région située à plus de 110 kilomètres au nord de Bunia. Chaque fin d’année, des incidents suspects sont rapportés, sans que les enquêtes ne parviennent à en établir clairement les auteurs.

    Une tradition macabre

    Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des jeunes seraient particulièrement ciblés durant cette période jugée « à risque ». Les rumeurs de rituels ou de sacrifices, bien que non confirmées, accentuent l’anxiété des familles.

    L’année dernière, près d’une vingtaine de morts avaient été recensées, selon la Coalition associative résolue pour la promotion et la protection des droits humains et les autorités coutumières. Un bilan qui continue de hanter les esprits.

    Le chef du secteur des Walendu Pitsi, Dieudonné Kpari Chumo, a élevé la voix. Lors des funérailles d’Espérance Wema, ce mercredi 10 décembre, il a dénoncé une recrudescence d’activités criminelles attribuées aux « Yudda ».

    Il a lancé un appel solennel à la vigilance. « Je n’aime pas cette fois-ci que je sois visé par fusil comme j’avais risqué ma vie pour avoir refusé le système de Yudda. Que ce phénomène n’arrive plus ici, et si nous trouvons ta trace dans ce mouvement, tu seras poursuivi au-delà de ce que tu penses. À cause de l’argent, ma population ne peut périr », a-t-il déclaré dans des propos recueillis par buniaactualite.cd.

    Le chef du secteur exhorte les autorités politico-administratives, la police et la population à renforcer la collaboration afin d’empêcher toute nouvelle flambée de violences.

    Les responsables locaux envisagent un durcissement des mesures de sécurité dans les zones sensibles. Ils citent des patrouilles augmentées ; une surveillance communautaire renforcée ; des déplacements en groupe recommandés dans les endroits isolés ; une sensibilisation accrue sur les risques liés à ce phénomène.

    Des habitants espèrent que ces dispositifs permettront d’éviter un nouveau cycle de violence et de mettre fin aux pratiques attribuées aux « Yudda ».

    Malgré les mises en garde officielles, la population reste dans l’expectative. L’absence d’enquêtes abouties et la persistance de rumeurs laissent planer une tension qui revient comme un sombre rituel chaque fin d’année.

    À Kpandroma, beaucoup craignent que, sans action ferme et coordonnée, le phénomène « Yudda » continue d’alimenter l’insécurité dans une région déjà fragilisée par des années de violences.

    John Mary Ndika

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