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    Chaque repas lui rappelle leur absence. Depuis la nuit du 26 au 27 juillet 2025, Kahambu Véronique vit avec un vide que rien ne parvient à combler. Ses deux enfants, Justin et Orthance, faisaient partie des jeunes présents à la croisade eucharistique organisée à Komanda lorsqu’ils ont été enlevés lors de l’attaque attribuée aux combattants des ADF.

    Une année s’est écoulée. Pourtant, pour cette mère, le temps semble s’être arrêté.

    Cette nuit-là, elle se trouvait à l’hôpital, situé à quelques mètres seulement de l’endroit où se déroulait la veillée de prière.

    « Il était 0 h 45 quand j’ai entendu les coups de feu », raconte-t-elle.

    Son premier réflexe est de courir vers ses enfants. Mais les détonations se multiplient. Les assaillants ont déjà encerclé les lieux.

    « J’ai essayé de sortir pour me précipiter vers eux, mais les coups de feu continuaient. C’était difficile. Mes enfants étaient déjà encerclés par les ennemis. »

    Impuissante, elle attend dans l’angoisse, espérant entendre leurs voix au milieu des rafales.

    Vers trois heures du matin, les tirs cessent. Les enfants ont déjà été emmenés.

    À l’aube, vers cinq heures, elle ose enfin quitter l’hôpital. Sur place, le spectacle est insoutenable.

    Des corps sans vie jonchent encore le sol. Elle cherche Justin. Puis Orthance. Elle ne retrouve ni l’un ni l’autre.

    « Tout ce que j’ai trouvé, c’était leurs babouches. Jusqu’aujourd’hui, je ne sais pas où ils sont. »

    Justin devait fêter ses 16 ans le 6 septembre. Orthance aura 14 ans le 20 novembre.

    Tous les deux poursuivaient leurs études. L’un devait intégrer la septième année de l’enseignement de base, l’autre la première année des humanités.

    Depuis leur disparition, la vie de leur mère a profondément changé. Le plus difficile, confie-t-elle, ce sont les gestes du quotidien.

    « Je pense souvent à eux au moment du repas. Nous étions habitués à manger tous ensemble autour de la même table. »

    Les conséquences ne sont pas seulement psychologiques. Elle affirme que cette épreuve a également affecté sa santé.

    « Depuis qu’ils ne sont plus là, c’est difficile. Leur absence m’a provoqué des maladies que je n’avais pas. Aujourd’hui, je souffre de tension, d’hypotension et de gastrite. »

    Pourtant, malgré les mois qui passent, elle refuse d’abandonner tout espoir. Elle se raccroche à sa foi.

    « Je suis convaincue qu’ils sont toujours vivants. Ce que je ne sais pas, c’est s’ils reviendront ou pas. »

    Il lui arrive même de rêver de leur retour. « Parfois, dans mes rêves, je les vois revenir. »

    Selon les responsables de la paroisse Bienheureuse Anuarite de Komanda, 43 enfants avaient été enlevés lors de cette attaque. Une année plus tard, seuls cinq ont retrouvé leurs familles. Trente-huit restent toujours portés disparus.

    Comme les autres parents confrontés à cette attente, Kahambu Véronique lance un appel aux autorités.

    « Que nos autorités nous aident. Qu’elles s’impliquent pour que nos enfants reviennent. »

    À Komanda, un an après le carnage, l’espoir continue de tenir debout là où les certitudes ont disparu. Derrière chaque enfant encore en captivité, il y a une famille qui attend. Et pour cette mère, cette attente commence chaque matin avec une prière et se termine chaque soir avec le même souhait : voir un jour Justin et Orthance franchir à nouveau le seuil de la maison.

     

    Récit de Verite Johnson depuis Komanda

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