Dix mois se sont écoulés, mais à Komanda, le temps semble s’être arrêté. Dans ce carrefour du territoire d’Irumu, les blessures du massacre survenu dans la nuit du 26 au 27 juillet 2025 restent ouvertes. Et pour plusieurs familles, l’angoisse ne faiblit pas : 36 enfants sont encore entre les mains des rebelles des ADF.
Cette nuit-là, la violence a frappé sans distinction. Plusieurs dizaines de civils ont été tués, en grande majorité des fidèles de l’Église catholique. Au cœur de ce drame, 43 enfants ont été enlevés. Depuis, leur sort est devenu un symbole de la souffrance persistante des communautés locales face à l’insécurité.
Selon l’Église catholique, seuls 7 enfants ont pu retrouver leur liberté à ce jour. Les trois derniers ont été libérés le 6 avril 2026, à Mambasa, avant d’être présentés officiellement au gouverneur de province le 15 avril. Un soulagement partiel, mais loin de combler le vide laissé par les autres disparus.
Sur le terrain, l’inquiétude reste profonde. L’abbé Aimé Lokana Dhego, curé de la paroisse Bienheureuse-Anuarite de Komanda, ne se cache pas.
« Actuellement, tout au plus 7 enfants ont pu réintégrer leur famille », a-t-il confié dans une interview accordée exclusivement à buniaactualite.cd.
Pour l’homme d’Église, l’urgence est claire : intensifier les efforts pour ramener tous les enfants encore captifs. « Notre demande va dans le sens de la libération de tous ces enfants. Que des efforts se fassent pour que ces enfants retrouvent leurs familles. »
Au-delà de l’absence, une autre crainte grandit. Selon des témoignages relayés par l’Église, les enfants encore en captivité seraient exposés à des pratiques imposées par les ADF, notamment sur le plan idéologique et religieux. Une réalité qui alourdit davantage le traumatisme et renforce l’urgence de leur libération.
À Komanda, chaque jour sans nouvelles est une épreuve. Les familles vivent entre espoir fragile et silence pesant. Dans les maisons, les regards se tournent encore vers les chemins, comme si, à tout moment, les enfants pouvaient réapparaître.
Dix mois après le drame, une question persiste : combien de temps encore faudra-t-il attendre ?
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Dans cette partie de l’Ituri, la mémoire du massacre ne s’efface pas. Elle se vit au quotidien, dans l’absence, dans l’attente… et dans ce combat silencieux pour ramener les enfants à la maison.
Verite Johnson

