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    Le mois de mars 2026 restera marqué par une flambée sans précédent des enlèvements dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon le rapport mensuel du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), publié le 21 avril 2026, pas moins de 544 cas ont été documentés.

    Il s’agit du chiffre mensuel le plus élevé enregistré depuis la relance du dispositif en octobre 2025, et possiblement d’un record absolu.

    La majorité de ces enlèvements est attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF). À elles seules, elles seraient responsables de plus de 400 enlèvements de civils dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Le groupe armé a également été signalé pour la première fois dans la province du Haut-Uele, confirmant une progression vers l’intérieur du pays. Cette dynamique d’expansion est observée depuis le lancement, en 2021, de l’opération conjointe Shujaa menée par les armées congolaise et ougandaise.

    Dans la zone de Mambasa-centre, les ADF ont aussi exercé une influence notable, allant jusqu’à imposer des taxes aux populations vivant dans les périphéries de la cité.

    Par ailleurs, explique le rapport, dans les zones sous contrôle de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), la situation militaire est restée globalement stable. Les lignes de front n’ont que peu évolué, malgré la poursuite des initiatives diplomatiques engagées à Washington et à Doha. Toutefois, de nombreuses exactions attribuées au M23 ont été recensées dans les territoires qu’il occupe.

    Le rapport souligne également une évolution dans les modes opératoires, avec un recours continu aux drones. Pour la première fois, la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, a été touchée par ce type d’attaque.

    En Ituri, la situation demeure tout aussi préoccupante. Dans le territoire de Djugu, les massacres de civils perpétrés par la milice de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) ont repris après plusieurs mois d’accalmie. Dans le même temps, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont poursuivi leurs offensives contre les combattants de la Convention pour la révolution populaire (CRP).

    Le Baromètre sécuritaire du Kivu, initiative conjointe du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et de Human Rights Watch, avec l’appui de l’Institut Ebuteli, continue de documenter et de cartographier les violences dans cette partie du pays, offrant un aperçu régulier de l’évolution de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

     

    Verite Johnson

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