La police a procédé, lundi 20 juillet dans la soirée, à l’enlèvement et à la démolition de plusieurs étalages installés le long du boulevard du 30 Juin et aux abords du Marché central de Kisangani. Menée sur instruction de la mairie, l’opération visait, selon les autorités, à libérer les emprises publiques et à contribuer à l’assainissement de la ville.
Sur le terrain, toutefois, les conditions d’exécution de cette mesure suscitent des interrogations. Plusieurs petits commerçants rencontrés dans la soirée du lundi par buniaactualite.cd, du rond-point du Canon jusqu’au Marché central, affirment n’avoir reçu aucun avertissement préalable de la mairie ou de la police.
Près du Marché central, un jeune vendeur de téléphones n’a pas pu contenir ses larmes après l’enlèvement de son étalage.
« Mes téléphones, mes marchandises… c’est ma vie qui vient d’être ruinée », a-t-il déclaré.
Selon les observations effectuées sur place, certains appareils sont tombés pendant l’intervention, menée dans la précipitation. Le vendeur affirme n’avoir bénéficié d’aucun délai pour retirer ou sécuriser sa marchandise avant l’enlèvement de son dispositif de vente.
À quelques mètres de là, un commerçant tenant une boutique de vêtements dit également avoir vu des tabourets placés à l’entrée de son établissement être emportés par les policiers. Il soutient pourtant que ces objets se trouvaient à distance de la chaussée et ne gênaient pas directement la circulation.
Au total, cinq personnes concernées, interrogées séparément par le média, affirment n’avoir jamais été informées au préalable des modalités de l’opération. Elles dénoncent une intervention « brutale » et réclament davantage de dialogue entre la mairie, les services de sécurité et les petits commerçants.
Interrogé sur place, l’un des officiers de police qui supervisait l’opération a indiqué que ses éléments ne faisaient qu’exécuter les instructions de l’autorité urbaine.
« Nous ne faisons qu’exécuter l’ordre de la mairie. Rien ne doit être visible de part et d’autre de la route », a-t-il déclaré, sans fournir davantage de précisions sur les mesures de sensibilisation ou les éventuelles solutions de relocalisation.
buniaactualite.cd n’a pas pu obtenir, dans l’immédiat, la réaction du maire de Kisangani sur les conditions d’exécution de l’opération et sur les accusations d’absence de préavis formulées par les commerçants.
Si l’objectif affiché est de restaurer l’ordre urbain et de dégager les principales artères de la ville, l’intervention risque d’affecter les moyens de subsistance de nombreux vendeurs qui vivent essentiellement du petit commerce.
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Dans une ville confrontée au chômage et à la précarité, plusieurs commerçants estiment que les opérations d’assainissement devraient être accompagnées de mesures de relocalisation, de délais raisonnables et d’une communication préalable.
Ils disent attendre de la mairie des espaces de vente alternatifs leur permettant de poursuivre leurs activités sans occuper les emprises routières.
Dans cette même soirée, un important dispositif de la police était visible. Un gros camions a été mis à la contribution pour « tout ramasser ».
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