L’administration publique urbaine de Kinshasa risque de connaître une nouvelle paralysie à partir du mercredi 21 octobre 2026. L’intersyndicale des agents de la ville annonce le déclenchement d’une grève générale et sectorielle pour réclamer le paiement des arriérés de salaire, qui atteindraient jusqu’à 20 mois pour certaines catégories de personnel.
La décision a été prise mardi 20 octobre, au cours d’une assemblée générale extraordinaire organisée dans la capitale congolaise, selon David Luyeye, président de l’intersyndicale de l’administration publique urbaine.
« L’intersyndicale de l’administration publique de Kinshasa, réunie en assemblée générale extraordinaire ce mardi 20 octobre 2026, porte à la connaissance de l’opinion publique nationale […] le déclenchement d’un mouvement de grève générale et sectorielle dans tous les services publics de Kinshasa à partir du mercredi 21 octobre 2026 », a déclaré le responsable syndical.
Au cœur de cette mobilisation figure notamment la revendication du paiement immédiat de trois mois de salaire aux agents des régies financières, des cabinets politiques ainsi que des services rattachés et assimilés.
Cette exigence constitue, pour les travailleurs concernés, une première étape vers l’apurement des arriérés accumulés depuis plusieurs mois.
Selon les précédentes déclarations de l’intersyndicale, les retards de paiement varient suivant les catégories professionnelles. Les agents des régies financières provinciales totaliseraient 20 mois d’arriérés, contre environ 15 mois pour le personnel des cabinets politiques et au moins 14 mois pour certaines divisions et administrations urbaines.
La menace de grève intervient après plusieurs démarches restées sans solution jugée satisfaisante par les représentants des travailleurs.
Le 15 octobre, des agents de l’administration publique urbaine avaient déjà organisé un sit-in devant l’Assemblée provinciale de Kinshasa pour dénoncer le non-paiement de leurs rémunérations et solliciter l’intervention des députés provinciaux.
Buniaactualite.cd avait alors rapporté les inquiétudes des agents concernant l’accumulation des arriérés et leurs conditions de vie.
À l’issue d’une autre assemblée générale tenue le 16 octobre, l’intersyndicale avait accordé au gouvernement provincial un préavis ferme expirant le 20 octobre.
Des discussions avaient pourtant été engagées entre les représentants syndicaux et l’exécutif provincial. Selon les explications précédemment communiquées par l’intersyndicale, les autorités avaient envisagé le déclenchement des opérations de paiement au plus tard ce mardi 20 octobre.
L’annonce d’une grève dès le lendemain traduit donc la persistance du désaccord sur la régularisation des rémunérations.
A lire aussi : Mahagi : Grève des fonctionnaires, le gouverneur appelle à la patience et au respect de la loi
Si le mouvement est effectivement suivi, il pourrait perturber le fonctionnement de plusieurs services relevant de l’administration provinciale de Kinshasa, notamment les divisions urbaines et les régies financières.
Toutefois, l’ampleur réelle de la grève et les éventuels services qui resteraient opérationnels ne pourront être établis qu’après son déclenchement.
Au moment de cette annonce, aucune nouvelle réaction officielle du gouvernement provincial précisant les dispositions prises pour éviter l’arrêt de travail n’était disponible dans les informations consultées.
Pour les agents concernés, la question dépasse désormais les seules promesses de paiement : ils réclament un règlement effectif des arriérés et des garanties pour éviter que cette situation ne se reproduise.
Rédaction

