Au début du mois d’avril 2026, le territoire de Mambasa a une nouvelle fois été frappé par une violence brutale. Plus de 35 civils ont été tués dans ce qui s’apparente à une nouvelle tuerie de masse, attribuée aux rebelles ADF. Jusqu’à quand compter les morts ?
Face à cette tragédie, la société civile coordination provinciale a décidé de sortir de sa réserve. Le ton est grave, les mots sont lourds, portés par une colère contenue mais profonde. « Jusqu’à quand allons-nous continuer à compter les morts ? », s’interroge-t-elle, traduisant le sentiment d’une population épuisée, meurtrie.
Sur le terrain, les alertes ne manquent pas d’après la société civile. Les communautés préviennent. Mais selon elle, ces cris restent trop souvent sans réponse rapide. Jean Marie Ezadri, vice-président assurant l’intérim à la tête de cette structure, ne cache pas son amertume. Il dénonce des dispositions qui peinent à suivre l’urgence de la situation.
« Le gouvernement attend combien de morts pour agir ? », lance-t-il, dans une question qui résonne comme un cri du cœur.
Au-delà de l’indignation, la société civile pointe aussi un problème de fond : le mécanisme de coordination des opérations militaires en Ituri. Elle estime qu’une partie du territoire de Mambasa reste sous une gestion opérationnelle liée au Nord-Kivu, une situation qui, selon elle, ralentirait parfois la réactivité des forces engagées sur le terrain.
Pendant ce temps, la population paie le prix fort. Sans moyens pour se défendre, elle vit dans la peur constante, suspendue aux décisions.
Pour la société civile, il est temps de rompre avec les réponses tardives et les ajustements superficiels. Elle appelle à des mesures fortes, concrètes, capables d’inverser la tendance. Car, insiste-t-elle, chaque vie perdue est une blessure de trop pour une province déjà fragilisée.
« Prendre la bonne décision sera une victoire collective », affirme-t-elle.
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