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    Décembre 2025 restera une date marquante dans le parcours de Joyce Kalavanda Kasengela. À Dar-es-Salam, en Tanzanie, l’opératrice culturelle congolaise a remporté le prix de « Meilleure Jeune Réalisatrice de l’Année » (Best Young Achiever of the Year) lors des Zikomo Africa Awards 2025. Une distinction majeure qui vient couronner un chemin semé d’épreuves, de courage et de résilience.

    Entrepreneure sociale et militante engagée pour l’épanouissement des jeunes filles, Joyce Kalavanda est aujourd’hui une figure montante de la communication, de l’art et de l’entrepreneuriat social en Afrique. Née en République Démocratique du Congo, elle évolue depuis plusieurs années en Guinée, pays où elle vit depuis 2010. Issue d’une famille missionnaire, envoyée dans un pays à majorité musulmane, elle a grandi dans un environnement où l’ouverture culturelle, la foi et le sens du service ont forgé son caractère.

    Une année 2025 marquée par l’épreuve

    Joyce Kavalanda reçoit son Zikomo à Dar-es-Salam (Tanzanie).■ DT

    L’année 2025 n’a pourtant pas été clémente pour Joyce Kalavanda. Après six mois de maladie, elle a dû subir une lourde opération au niveau du cœur. Une période douloureuse, tant sur le plan physique que moral, qui l’a également conduite à perdre son emploi. Elle ne fait plus partie de la Fondation FAMAF, une organisation dont elle est cofondatrice, reconnue pour son accompagnement des jeunes filles à travers des programmes de sensibilisation et de développement personnel.

    Mais fidèle à son tempérament de battante, Joyce Kalavanda n’a pas laissé l’épreuve définir son avenir. Dieu aidant, elle a récemment lancé sa propre entreprise, qu’elle s’emploie encore à développer avec détermination. Depuis le 11 janvier, elle travaille également à la mise en place d’un atelier de peinture, un projet qui allie créativité, engagement social et autonomie économique.

    Dans ce contexte, le prix remporté aux Zikomo Africa Awards apparaît comme une lumière au bout du tunnel.

    « Une vraie reconnaissance par rapport à ce par quoi je suis passée cette année. C’est vraiment la reconnaissance de ma résilience et de tout ce que j’ai surmonté en 2025 », a-t-elle confié dans un échange exclusif avec buniaactualite.cd.

    Formation, communication et engagement social

    Diplômée en Gestion Touristique et Hôtelière, avec une certification en anglais, Joyce Kalavanda a su mettre sa formation académique au service de ses ambitions professionnelles. Elle s’est illustrée notamment à travers ses responsabilités au sein de Mining House, où elle a supervisé plusieurs campagnes de communication à fort impact, mettant en avant aussi bien l’image de l’entreprise que ses engagements sociétaux.

    Parmi ses actions les plus marquantes figurent les campagnes annuelles Octobre Rose, dédiées à la sensibilisation des jeunes filles à la prévention du cancer du sein. Ces initiatives ont permis de toucher plus de 300 jeunes filles, renforçant leur éducation sanitaire et leur conscience des enjeux de santé publique.

    Une passion pour l’art et la culture congolaise

    Au-delà de la communication et de l’entrepreneuriat social, le parcours de Joyce Kalavanda est profondément marqué par l’art et la culture. Ambassadrice culturelle de la RDC, elle a représenté son pays dans plusieurs concours internationaux de beauté, portant haut les couleurs de la femme congolaise à travers l’Afrique.

    Son palmarès est éloquent :

    Miss Étrangère Guinée 2022

    Cultural Queen RDC 2023

    Cultural Queen Africa 2023–2024

    Best Rising Star of the Year 2024, Shining Stars Africa Awards (Johannesburg)

    Meilleure Jeune Réalisatrice de l’Année 2025, Zikomo Africa Awards (Dar-es-Salam)

    Ces distinctions ont été pour elle une plateforme d’expression, mais surtout un moyen de promouvoir l’identité congolaise.

    « Notre culture est tellement riche. Mais nous avons malheureusement adopté une culture vestimentaire qui ne nous appartient pas. Ce qui ferait avancer la RDC, c’est la consommation des produits locaux », explique-t-elle à buniaactualite.cd.

    Attachée à la valorisation des savoir-faire locaux, Joyce Kalavanda milite pour une identité vestimentaire assumée, encourageant le port des tissus congolais, comme le tapis Kuba, lors de ses apparitions médiatiques. Pour elle, consommer local, c’est s’enrichir soi-même et bâtir une économie culturelle durable.

    Des projets artistiques à fort impact social

    Joyce Kavalanda. ■ DT

    Son engagement se traduit également par des projets artistiques à vocation caritative. À travers des événements de peinture, une partie des fonds récoltés est reversée à des ONG africaines actives sur le terrain. Elle anime aussi des séances de coaching en catwalk et de développement personnel pour les jeunes filles, leur offrant des outils concrets pour renforcer leur confiance en elles et leur leadership.

    Joyce Kalavanda nourrit une ambition claire et assumée : « Contribuer activement à la valorisation de la culture congolaise, la rendre visible, accessible et susciter de l’intérêt aussi bien au niveau local qu’international. Faire de la culture un véritable levier de développement, d’éducation et d’impact social », confie-t-elle.

    Elle rêve de voir les générations futures ancrées dans leurs racines, fières de leur identité et capables de transformer la culture congolaise en moteur d’innovation et d’excellence.

    Modèle de résilience, d’engagement et de réussite, Joyce Kalavanda Kasengela incarne cette jeunesse africaine qui refuse de se laisser définir par l’adversité. Son parcours, jalonné d’épreuves et de victoires, rappelle que la persévérance, alliée à la vision et au travail, finit toujours par porter du fruit.

     

    Verite Johnson

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