Il est un peu plus de 6 heures du matin lorsque le calme habituel de Mamove est brutalement brisé. Un habitant du village s’apprête à partir au champ, comme tant d’autres en cette heure matinale, lorsque des détonations éclatent soudainement.
« J’ai commencé à entendre des coups de feu du côté du camp militaire de Paris ( à Mamove: ndlr). Je me suis directement enfui », raconte-t-il, encore marqué par la panique de ces instants. Propos recueillis par nos confrères de la Radio Muungano Oïcha.
Très vite, la peur gagne tout le village. À Paris, un quartier de Mamove, un jeune est tué. Des affrontements sont signalés. Des boutiques prennent feu. Selon le témoignage de cet habitant, les assaillants seraient arrivés du côté de Mabatundu, semant la confusion et la terreur sur leur passage.
« C’est un climat de peur ici. Les gens se déplacent vers Oïcha », confie le témoin, décrivant un mouvement de fuite généralisé, familles et commerçants abandonnant ce qu’ils peuvent pour sauver leur vie.
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Le village de Mamove, situé dans la localité de Bakila Bakaiku, secteur de Beni-Mbau, a été la cible d’une attaque violente attribuée aux ADF, dans la journée du dimanche 1er février 2026. Le bilan humain fait état de deux morts, dont un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et un civil.
Sur le plan matériel, les dégâts sont considérables. Selon des sources locales, 77 maisons ont été incendiées, en majorité des boutiques, ainsi qu’un dispensaire. Dix-sept motos ont également été détruites. Plusieurs personnes sont portées disparues, accentuant l’angoisse des familles dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité persistante.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle des autorités locales n’a été enregistrée. Pendant ce temps, à Mamove, les habitants tentent de survivre au choc, entre peur, pertes et incertitude, dans l’attente d’un retour au calme définitif qui tarde à venir.
Verite Johnson

