Une nouvelle flambée de violences entre des habitants des villages de Nyoro et Nyori Djambara, dans la chefferie des Zaki, territoire d’Aru, au nord de l’Ituri, a fait plusieurs victimes et provoqué d’importants dégâts matériels. Le bilan provisoire fait état d’un chef de groupement grièvement blessé, d’un chef de village agressé et de plus de 102 maisons d’habitation incendiées.
Selon des informations recueillies par Buniaactualite.cd auprès d’une source policière ce jeudi 3 septembre 2026, les incidents ont commencé mardi 1er septembre avant de dégénérer en violences et représailles entre les deux villages.
Une altercation aurait précédé les violences
D’après les premiers éléments recueillis, les tensions auraient été ravivées par une altercation impliquant une jeune femme originaire de Nyoro et mariée dans le clan d’Ogoo. Elle aurait subi des violences attribuées à des personnes présentées comme originaires de Nyori Djambara.
Informé de l’incident, le chef du groupement Lolo aurait conduit certaines des personnes concernées auprès des autorités coutumières de la chefferie des Zaki, à Nderi, dans le but de rechercher une solution au différend.
La situation aurait cependant pris une autre tournure lorsque le chef de groupement, revenant d’une autre mission, aurait rencontré un groupe de personnes munies d’armes blanches.
Il aurait été violemment agressé et grièvement blessé, selon les informations obtenues auprès de sources locales.
L’agression du chef de groupement aurait ensuite provoqué des représailles.
Des habitants de Nyoro sont accusés d’avoir incendié plus de 102 maisons d’habitation à Nyori Djambara. Un chef de village aurait également été agressé au cours de ces violences.
La situation a provoqué des mouvements de population dans les deux villages.
« La population de Nyori a complètement vidé le village, craignant d’éventuelles représailles. Du côté de Nyoro également, une partie de la population a quitté ses domiciles », rapporte le bureau du Commissariat de la Police nationale congolaise (PNC) d’Ariwara.
L’ampleur exacte des déplacements provoqués par les affrontements n’était pas encore connue jeudi.
Des causes profondes encore à établir
Si l’altercation impliquant la jeune femme apparaît comme l’un des éléments ayant précédé cette flambée de violences, les causes profondes des tensions entre Nyoro et Nyori Djambara ne sont pas encore clairement établies.
Certaines sources évoquent la résurgence d’un ancien différend relatif aux limites foncières entre les deux villages. Ce contentieux aurait déjà fait l’objet d’une intervention des autorités coutumières et des sages des communautés concernées, ayant conduit à une délimitation des terres litigieuses.
D’autres sources avancent l’hypothèse d’un conflit lié au pouvoir coutumier et à l’organisation administrative locale. Des habitants de Nyori Djambara revendiqueraient notamment la reconnaissance de leur ancien groupement, qui aurait été rattaché au groupement Lolo.
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Ces différentes versions n’ont pas encore été définitivement établies par les autorités compétentes.
La PNC annonce des enquêtes
Le Commissariat de la PNC d’Ariwara indique que le calme revient progressivement dans la zone après plusieurs jours de tension.
Des enquêtes ont été ouvertes afin d’identifier les personnes impliquées dans les violences, de déterminer les circonstances exactes des incidents et d’établir les responsabilités.
Au-delà du retour au calme, les événements mettent de nouveau en évidence la nécessité de traiter les différends locaux avant qu’ils ne dégénèrent en violences susceptibles de provoquer des pertes humaines, la destruction des habitations et des déplacements de population.
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