Un différend foncier portant sur plus de 2 800 hectares de terres suscite de nouvelles tensions dans le groupement de Lengabo, en chefferie des Baboa-Bokoe, territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri. Dans un mémorandum rendu public vendredi 9 octobre 2026, des membres de la communauté locale contestent les prétentions foncières attribuées à l’ancien sénateur John Tibasima Mbogemu Ateeny et dénoncent ce qu’ils considèrent comme des irrégularités dans le traitement judiciaire du dossier.
Le document, dont Buniaactualite.cd a obtenu une copie, concerne une étendue de terres située, selon ses auteurs, à environ deux kilomètres au sud de la ville de Bunia.
Les signataires affirment défendre les droits fonciers de leur communauté sur cet espace et contestent la validité des documents que présenteraient les avocats de l’ancien sénateur pour justifier les prétentions de leur client.
Ils soutiennent notamment que le titre foncier invoqué par la partie adverse ne figurerait pas dans les archives nationales du ministère des Affaires foncières.
Cette affirmation n’a toutefois pas pu être vérifiée de manière indépendante par Buniaactualite.cd. L’absence alléguée d’un document dans les archives ne suffit pas, à elle seule, à établir son caractère frauduleux.
Des accusations visant la conduite de la procédure judiciaire
Au-delà de la contestation foncière, les auteurs du mémorandum mettent directement en cause le premier président de la Cour d’appel de l’Ituri.
Ils lui reprochent une attitude qu’ils jugent défavorable aux intérêts de leur communauté et l’accusent de vouloir favoriser l’ancien sénateur dans ce différend.
Ces accusations relèvent des déclarations des signataires du mémorandum. Aucun élément indépendant communiqué à la rédaction ne permet, à ce stade, de confirmer une intervention irrégulière du magistrat ou un manquement à ses obligations professionnelles.
Les représentants de Lengabo réclament une justice impartiale, à l’abri de toute influence et de toute pratique de corruption.
Ils demandent également aux autorités nationales de suivre l’évolution du dossier afin de garantir, selon leurs termes, le respect des droits fonciers de la communauté.
Un avertissement adressé aux autorités
Dans leur mémorandum, les signataires expriment leur inquiétude quant à une éventuelle décision judiciaire défavorable au groupement.
« Nous, population autochtone du Groupement Lengabo, décidons de nous prendre en charge dans le cas où le Premier Président de la Cour d’appel de l’Ituri qui désoriente la justice fera trancher contre le groupement Lengabo », peut-on lire dans le document.
Cette déclaration, dont les modalités ne sont pas précisées, traduit la tension entourant ce litige.
Les auteurs demandent par ailleurs au gouvernement congolais de tenir le premier président de la Cour d’appel pour responsable des conséquences éventuelles qu’ils associent à une décision qu’ils estimeraient injuste.
Le mémorandum ne fournit cependant pas, dans les éléments transmis à la rédaction, de précisions suffisantes sur l’étape exacte de la procédure, les décisions judiciaires déjà rendues ou les titres fonciers détenus par chacune des parties.
Les réactions des parties mises en cause attendues
Ce différend soulève des questions importantes concernant la propriété foncière, les droits revendiqués par les communautés locales et la confiance envers les institutions judiciaires.
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Buniaactualite.cd a entrepris des démarches pour recueillir les réactions du premier président de la Cour d’appel de l’Ituri et de l’ancien sénateur John Tibasima Mbogemu Ateeny.
Leurs versions des faits n’étaient pas disponibles au moment de la rédaction de cet article. Elles seront publiées dès leur réception, dans le respect du principe du contradictoire.
En attendant, les accusations formulées dans le mémorandum demeurent des allégations qui ne préjugent ni de la validité des droits fonciers revendiqués ni de l’issue de la procédure judiciaire.
Rédaction

