La jeunesse de la province de l’Ituri a été appelée à jouer un rôle actif dans la promotion de la paix et de la cohésion nationale, dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Cette crise, qui dure depuis plusieurs décennies, est caractérisée par des conflits communautaires récurrents, la prolifération de groupes armés, l’instabilité politique et la fragmentation du tissu social.
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Cet appel a été lancé le dimanche 18 janvier 2026 par Fiston Kamango, représentant du Parlement des jeunes de Mambasa (Ituri), lors de la cérémonie de clôture du festival Tumaini, organisée dans la ville de Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu.
Face à ces défis sécuritaires et sociaux, Fiston Kamango a insisté sur le rôle stratégique de la jeunesse congolaise, qui constitue une part majoritaire de la population et représente, selon lui, un levier essentiel pour la stabilité et la reconstruction du pays.
« L’Ituri possède une force vive immense. Cette jeunesse, souvent marginalisée ou manipulée par des agendas politiques ou armés, peut pourtant devenir le véritable moteur de la paix à travers l’éducation civique, l’engagement citoyen et le leadership local », a-t-il déclaré.
Selon lui, les jeunes ont la capacité de briser les cycles de violence et de contribuer à la reconstruction d’une cohésion sociale durable. Il a notamment souligné leur rôle potentiel dans la prévention des conflits, grâce à leur proximité avec les communautés.
« Les jeunes peuvent agir comme des sentinelles locales, en alertant sur les tensions, en dénonçant les violations des droits humains et en promouvant des mécanismes de résolution pacifique des conflits », a-t-il ajouté.
Fiston Kamango a également mis en avant l’importance de l’implication des jeunes dans les processus de désarmement, démobilisation et réintégration, ainsi que dans les initiatives de veille communautaire, qu’il considère comme des piliers essentiels pour le retour d’une paix durable.
Pour ce leader de la jeunesse, la paix ne peut être imposée uniquement par la force. Elle doit se construire à travers le dialogue, la mémoire collective et le pardon. Il a ainsi encouragé la mise en place d’initiatives interculturelles, d’échanges intercommunautaires et de projets socio-économiques communs afin de renforcer les liens entre les différentes communautés.
Estimant que la jeunesse congolaise fait face à une responsabilité historique, Fiston Kamango a appelé les jeunes à dépasser les clivages et à devenir des acteurs du changement.
« La jeunesse ne peut plus rester spectatrice de l’histoire. Elle doit être une force de proposition et un relais de l’État, surtout dans les zones où la méfiance et l’insécurité persistent », a-t-il affirmé.
Il a enfin exhorté les jeunes à accompagner les services de sécurité dans les efforts de pacification et à refuser toute forme de manipulation visant à déstabiliser le pays.
Pour rappel, le festival Tumaini s’est tenu à Beni du 16 au 18 janvier 2026. Cet événement culturel a rassemblé plusieurs artistes originaires de l’Est de la RDC et a servi de cadre d’échanges autour de la paix, de l’unité et de l’espoir.
Yves Romaric Baraka

