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    Le président de l’Assemblée provinciale de l’Ituri, Samy Ufoyrwoth Jakwong’a, appelle les autorités à concilier les impératifs de sécurité avec la protection des populations déplacées, alors que la situation reste préoccupante à Kigonze et que de nouvelles violences sont enregistrées dans les territoires de Djugu et de Mambasa.

    Dans un point de presse tenu vendredi 3 octobre 2026 à Bunia, il reconnaît le droit et le devoir de l’État de rechercher les personnes armées susceptibles de s’infiltrer dans les sites de déplacés, tout en mettant en garde contre toute stigmatisation collective des populations qui y vivent.

    « La présence présumée ou avérée de quelques personnes armées ne saurait transformer l’ensemble des déplacés en suspects, ni justifier leur stigmatisation, leur assimilation à un groupe armé ou une forme quelconque de punition collective », affirme-t-il.

    Pour le président de l’Assemblée provinciale, un site de déplacés doit conserver son caractère civil et humanitaire. Il demande ainsi aux groupes et personnes armés de ne pas utiliser ces espaces comme lieux de refuge ou de dissimulation, estimant qu’une telle présence expose directement les civils.

    Kigonze : demande d’informations sur les opérations

    Revenant sur les opérations sécuritaires menées ces derniers jours au site de Kigonze, à Bunia, Samy Ufoyrwoth demande aux autorités de fournir des informations précises sur leurs objectifs et leurs résultats.

    Il souhaite notamment que soient clarifiés le nombre d’éventuelles interpellations et la situation des familles affectées.

    Le président de l’Assemblée provinciale demande également que les allégations faisant état de pillages, de destructions ou de pertes de biens soient vérifiées afin d’établir les responsabilités éventuelles.

    « Il ne s’agit pas d’opposer les déplacés aux forces de sécurité. Il s’agit de faire en sorte que la recherche légitime des personnes armées renforce la confiance de la population envers l’État au lieu d’élargir le cercle des victimes », souligne-t-il.

    Pas de fermeture sans solution pour les déplacés

    Alors que la question de la réorientation de certains sites de déplacés est désormais posée à Bunia, Samy Ufoyrwoth met en garde contre une fermeture qui ne serait pas accompagnée de solutions concrètes pour les familles concernées.

    « La fermeture administrative d’un site ne met pas fin à la vulnérabilité des personnes qui y vivaient », prévient-il.

    Il estime qu’une famille quittant un site sans logement, moyens de subsistance, accès aux services essentiels ou possibilité de retourner en sécurité dans son village peut devenir davantage vulnérable.

    Une attention particulière devrait, selon lui, être accordée aux enfants, aux femmes, aux personnes âgées, aux personnes vivant avec handicap, aux malades ainsi qu’aux ménages ne disposant pas d’une solution immédiate de réinstallation.

    « Volontaire, sûr, digne et durable »

    Le président de l’Assemblée provinciale se dit favorable au retour progressif des déplacés dans leurs villages lorsque les conditions le permettent, mais estime que l’absence momentanée de tirs ne suffit pas à conclure qu’une zone est sûre.

    Il appelle à prendre notamment en compte la présence et la capacité de nuisance des groupes armés, les risques de représailles, la liberté de circulation, le fonctionnement de l’autorité publique et l’accès aux services essentiels.

    Se référant notamment aux principes de protection des personnes déplacées et à la Convention de Kampala, il soutient que les solutions durables doivent reposer sur un choix libre et suffisamment éclairé des personnes concernées.

    « Aucun déplacé ne devrait être contraint de retourner vers une zone où sa vie, sa sécurité, sa liberté ou son intégrité demeurent exposées à un risque sérieux », insiste-t-il.

    La reprise des violences à Djugu inquiète

    Samy Ufoyrwoth estime que les récents affrontements dans le territoire de Djugu démontrent la fragilité persistante de la situation sécuritaire.

    Il cite notamment les combats ayant impliqué les FARDC et la Convention pour la Révolution populaire (CRP), ainsi que ceux rapportés entre la CRP et la CODECO. Ces violences ont entraîné de nouveaux mouvements de populations dans plusieurs localités.

    Il appelle les groupes armés à cesser les hostilités, à s’éloigner des zones civiles et à respecter les engagements pris dans les processus de paix.

    Le président de l’Assemblée provinciale insiste également sur la nécessité d’éviter toute lecture communautaire des violences.

    « La CRP ne saurait être assimilée à l’ensemble de la communauté Hema. De la même manière, la CODECO ne saurait être assimilée à l’ensemble de la communauté Lendu », affirme-t-il.

    Selon lui, les FARDC doivent rester perçues comme une force républicaine au service de toutes les communautés. Il met ainsi en garde contre toute configuration susceptible de donner l’impression qu’un groupe armé combat aux côtés de l’État contre un autre.

    Mambasa : appel à renforcer les opérations contre les ADF

    Le point de presse aborde également la situation dans le territoire de Mambasa, où les attaques attribuées aux ADF se poursuivent malgré les opérations conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa.

    Samy Ufoyrwoth cite notamment les attaques signalées entre le 28 et le 30 septembre dans la Réserve de faune à okapis. Il demande aux autorités sécuritaires d’intensifier les opérations contre les ADF et les autres groupes armés qui poursuivent les violences.

    Enfin, le président de l’Assemblée provinciale appelle le gouvernement, la MONUSCO, les acteurs humanitaires, les responsables communautaires et les populations à renforcer leur coordination.

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    Il demande notamment le maintien de l’assistance aux populations vulnérables, le renforcement des mécanismes d’alerte précoce et la lutte contre les discours de haine.

    Dans le contexte de l’état de siège, qui limite l’exercice ordinaire des attributions de l’Assemblée provinciale, Samy Ufoyrwoth présente cette prise de position comme relevant de la responsabilité des élus de continuer à relayer les préoccupations des populations et à contribuer à la recherche de solutions aux crises sécuritaire et humanitaire en Ituri.

    Rédaction

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