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    À Pluto, dans le territoire de Djugu, des enfants passent leurs journées dans les carrières aurifères au lieu de fréquenter l’école. Derrière leur présence dans les mines, se cachent la pauvreté, l’absence de soutien familial et, dans certaines zones, les conséquences de l’insécurité.

    Avant 18 ans, il devrait avoir un cartable sur le dos et prendre le chemin de l’école. Mais à Pluto, dans le territoire de Djugu, en Ituri, certains enfants passent leurs journées dans les carrières aurifères. Ils creusent, transportent ou lavent la terre, dans l’espoir de récupérer quelques paillettes d’or.

    Pour ces enfants et leurs familles, la mine n’est pas seulement un lieu de travail. Elle est souvent présentée comme une réponse à une urgence beaucoup plus simple : trouver de quoi vivre.

    Buniaactualite.cd s’est rendu à Pluto à la rencontre de deux enfants qui travaillent dans une carrière, mais aussi de plusieurs acteurs du secteur minier, pour comprendre pourquoi ils se retrouvent là, ce qu’ils gagnent et ce que cette activité leur coûte.

    « Il n’y a personne pour me scolariser »

    Dieu merci a 15 ans. Il travaille dans un carré minier à Pluto. L’école, il n’y va pas.

    « Je n’étudie pas. Il n’y a personne pour me scolariser. Je n’ai pas de parents », explique-t-il.

    Son travail dans la mine lui permet notamment de soutenir ses deux petits frères. Dans son récit, l’or apparaît moins comme une richesse que comme un moyen de faire face aux besoins quotidiens de sa famille.

    Un peu plus loin, Bahati, 16 ans, connaît une situation similaire. Lui aussi travaille dans la carrière alors qu’il devrait encore être sur les bancs de l’école.

    Pourquoi n’étudie-t-il pas ?

    « Je n’étudie pas parce que mes parents n’ont pas les moyens nécessaires », répond-il.

    L’argent qu’il gagne dans la carrière sert à couvrir ses propres besoins, mais aussi à aider ses parents. Lorsqu’on lui demande s’il envisage encore de retourner à l’école, sa réponse résume le poids de cette situation : « C’est déjà trop tard pour que je retourne à l’école ».

    Ses parents, dit-il, l’encourageaient auparavant à reprendre le chemin de l’école. Aujourd’hui, ils ne le font plus.

    La mine a progressivement pris la place de l’école.

    Pour une mère rencontrée à Pluto, pourtant, la situation est loin d’être normale. Elle refuse que son propre enfant emprunte ce chemin.

    « Moi, je n’enverrai pas mon enfant là-bas. C’est trop risqué », affirme-t-elle, estimant que le problème renvoie notamment à l’éducation de base.

    Ces témoignages montrent une réalité plus large : lorsque les ressources manquent, l’école peut devenir difficilement accessible, tandis que la mine offre immédiatement la possibilité de gagner un peu d’argent.

    Une enfance exposée aux risques de la mine

    La présence des enfants dans les carrières ne préoccupe pas seulement les familles. Elle inquiète également les autorités minières.

    Adamuhiba Bernard, inspecteur des mines, estime que les enfants présents dans les sites sont particulièrement exposés. Il souligne également que certaines personnes déplacées par les violences se rendent dans les sites miniers parce qu’elles manquent de nourriture.

    Dans les carrières, les risques sont multiples.

    Nzanzu, géologue à la Division des mines de l’Ituri affecté à Pluto, évoque notamment l’exposition à la poussière. Il attire aussi l’attention sur les risques liés à l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit dans la province.

    Pour cet agent, l’insécurité constitue également l’un des facteurs qui poussent certains enfants vers les mines. Certains ont fui les violences et se retrouvent dans les carrières dans un contexte où les conditions de vie restent précaires.

    Les services miniers disent mener des actions de sensibilisation auprès des parents et effectuer des descentes sur le terrain, notamment avec la police des mines, pour tenter de réduire la présence des enfants.

    À Djugu, cette situation reste considérée comme un véritable problème par les autorités du secteur.

    « Les enfants dans la carrière minière ? C’est un fléau qui nous préoccupe vraiment. Même la loi minière interdit aux enfants de moins de 18 ans de faire l’activité minière », rappelle Logo Xavier Emmanuel, chef du bureau des Mines à Djugu.

    La présence d’enfants dans les carrières reste ainsi en contradiction avec les règles qui encadrent le travail dans les sites miniers.

    Mais sur le terrain, la loi se heurte à une réalité sociale difficile : pauvreté des ménages, manque de moyens pour la scolarisation, déplacements liés à l’insécurité et difficultés de contrôle de certaines zones minières.

    À Pluto comme dans d’autres régions de l’Ituri, le problème dépasse donc la seule question de la présence des enfants dans les carrières. Il pose une interrogation : que devient l’enfance lorsque l’or devient une nécessité familiale ?

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    Pour Dieu merci et Bahati, la réponse se trouve aujourd’hui dans la mine. L’un travaille pour aider ses petits frères. L’autre pour subvenir à ses besoins et soutenir ses parents.

    Pendant ce temps, le cartable reste loin de leurs épaules. Ces deux enfants ne connaissent pas le chemin de l’école.

    Verite Johnson, à Pluto

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