Plus de 1,09 million de personnes déplacées internes et des besoins croissants en nourriture, en soins de santé, en abris et en protection. En Ituri, l’assistance humanitaire peine à répondre à l’ampleur des crises provoquées par les violences armées et l’épidémie d’Ebola, selon le dernier rapport du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Publié le 15 octobre 2026 et couvrant la période du 1er au 30 septembre, ce rapport met en évidence les difficultés persistantes des populations affectées, malgré les interventions engagées par plusieurs organisations humanitaires.
Selon les données présentées par OCHA, la province comptait environ 1,09 million de déplacés internes au 7 septembre. À ces déplacements prolongés s’ajoutent de nouvelles vagues de populations contraintes d’abandonner leurs habitations à la suite des violences enregistrées dans plusieurs territoires.
À Djugu, les affrontements de fin septembre ont notamment provoqué la fuite de plus de 24 600 personnes, selon l’organisation Programme de promotion des soins de santé primaires (PPSSP), citée dans le rapport. L’insécurité a également entraîné la suspension temporaire de certaines activités humanitaires, dont une distribution d’assistance prévue pour près de 10 000 personnes.
La situation demeure particulièrement préoccupante à Mambasa, où environ 80 000 personnes nécessitent une aide urgente. Les attaques armées, les déplacements répétés et les difficultés d’accès à plusieurs localités limitent les possibilités d’intervention des organisations humanitaires.
À Bunia, la fermeture du site de déplacés de Kigonze a également accentué les besoins d’assistance. Près de 19 000 personnes ont quitté ce site, dont plus de 4 000 se sont réfugiées dans des quartiers périphériques de la ville.
Malgré ces difficultés, les partenaires humanitaires poursuivent leurs interventions dans plusieurs secteurs.
En matière de sécurité alimentaire, 69 273 personnes ont bénéficié d’une assistance dans les zones de santé de Mongbwalu, Nia-Nia et Bambu.
Sur le plan nutritionnel, l’organisation COOPI a procédé au dépistage de 5 095 enfants, parmi lesquels 1 447 ont bénéficié d’une prise en charge pour malnutrition aiguë.
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Dans le secteur de la santé, l’organisation ALIMA a assuré 29 590 consultations médicales. Les interventions de protection ont notamment permis l’identification ou l’orientation de 498 survivantes de violences basées sur le genre, tandis que Save the Children a assuré la formation de 92 acteurs éducatifs.
Ces interventions témoignent de la poursuite des efforts humanitaires, mais les besoins demeurent importants dans plusieurs zones affectées par l’insécurité.
L’épidémie d’Ebola constitue une difficulté supplémentaire. La maladie, qui touchait 28 des 36 zones de santé de l’Ituri au 30 septembre, exerce une pression sur les services sanitaires et nécessite des moyens supplémentaires pour maintenir la surveillance épidémiologique et la prise en charge des patients.
Face à cette situation, la communauté humanitaire appelle les parties impliquées dans les conflits à protéger les civils, à respecter le caractère civil et humanitaire des sites de déplacés et à faciliter l’accès des organisations d’assistance aux populations vulnérables.
Une réponse multisectorielle d’urgence est particulièrement demandée pour le territoire de Mambasa, où l’insécurité continue de compromettre l’acheminement des secours.
Au-delà des interventions déjà réalisées, l’enjeu reste d’assurer une assistance régulière aux populations affectées, notamment dans les localités où les violences empêchent les organisations humanitaires d’intervenir.
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