En Ituri, la crise humanitaire continue de s’étendre sur plusieurs fronts. À Mambasa, les violences ont provoqué de nouveaux déplacements, tandis que sur les sites accueillant des personnes déplacées, d’importants besoins en eau, hygiène, santé, alimentation, protection et abris restent encore non couverts.
Dans les zones de santé de Mambasa et de Mandima, la dégradation de la situation sécuritaire s’est poursuivie en août, avec l’intensification des attaques d’un groupe armé. Selon des sources locales et humanitaires citées par OCHA dans son rapport de situation publié le 15 septembre 2026 et couvrant la période du 1er au 31 août 2026, ces violences auraient coûté la vie à plus de 80 civils au cours du mois.
Le 29 août, une attaque signalée dans l’aire de santé d’Alima, dans la zone de santé de Mandima, aurait notamment entraîné plus de 30 personnes. Ces violences ont également provoqué de nouveaux déplacements, dont l’ampleur reste encore à déterminer.
Depuis février 2026, plus de 95 000 personnes déplacées et retournées ont été enregistrées dans les zones de santé de Mambasa et de Mandima, selon une évaluation rapide multisectorielle conduite par PPSSP. Ces populations continuent de faire face à d’importants besoins, alors que les capacités de réponse des partenaires humanitaires restent limitées.
À l’échelle de la province, la situation est également préoccupante dans les sites de déplacés. Les évaluations réalisées en août par le cluster CCCM dans 69 sites accueillant plus de 312 900 personnes ont relevé des déficits dans plusieurs secteurs essentiels.
Il manque notamment 2 574 latrines, 1 115 douches, 856 dispositifs de lavage des mains et 790 robinets. La surpopulation dans certains sites et la défaillance de plusieurs ouvrages aggravent les risques sanitaires, notamment dans un contexte marqué par la maladie à virus Ebola.
La protection constitue également un autre point d’inquiétude. Les violences basées sur le genre, l’exploitation des enfants, les mariages précoces et les conflits fonciers restent signalés, alors que les possibilités de prise en charge demeurent limitées.
Autre difficulté : plus de 80 % des sites évalués sont spontanés et ne disposent pas de gestionnaires.
Face à cette situation, les priorités identifiées portent sur le renforcement des services d’eau, hygiène et assainissement, de santé et de protection, mais aussi sur le déploiement de gestionnaires de sites.
Ces chiffres donnent ainsi à voir une crise qui ne se limite pas aux nouveaux déplacements. Pour les centaines de milliers de personnes déjà installées sur les sites, l’enjeu reste aussi celui des conditions de vie et de l’accès aux services essentiels.
Rédaction

