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    Des messages de la xénophobie tendant à inciter la haine tribale entre les communautés vivant en Ituri et au Nord-Kivu se propagent d’un côté, mais de l’autre, ce sont les appels à la cohésion sociale qui naissent pour calmer les membres de deux camps provinciaux.

    L’appel récent est d’un dignitaire d’État en province de l’Ituri qui ne veut pas que cette xénophobie ou incitation tribale soit récupérée par certains politiciens pour des intérêts mesquins qui peuvent aboutir à des débordements de tous les deux côtés, en l’occurrence au Nord-Kivu et en Ituri.

    D’après Philippe Basara qui reconnait que tout propos tribal profite à l’ennemi, le temps actuel dans ces deux provinces sous état de siège suite à l’insécurité doit être consacré à la cohabitation pacifique, à la cohésion sociale, puis à l’unité entre communautés pour barrer la route à des manipulateurs de quelle nature que ce soit.

    « Tout débordement à cette période profite à l’ennemi. Alors, l’heure n’est pas à la distraction, car nous devons être vigilants, tous les peuples de l’Ituri et du Nord-Kivu. Nous sommes voués à vivre ensemble. C’est pourquoi j’appelle la population de ces deux provinces à la retenue. Tous ces messages de haine propagés qui ne vont que profiter à l’ennemi », reconnaît Philippe Basara dans une communication exclusive avec buniaactualite.cd ce 6 juillet 2024.

    Pour lui, les communautés ituriennes et celles ayant choisi l’Ituri comme leur deuxième province pour résidence doivent consolider les acquis sécuritaires mis en place par le chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi et mis en œuvre en Ituri par l’administration militaire depuis plus de 3 ans, soit depuis le 6 mai 2021 sous l’égide du lieutenant général Luboya N’kashama Johnny.

    « Alors, nous ne devons pas jeter le pont à l’ennemi. C’est pourquoi j’appelle toutes les communautés de l’Ituri et celles du Nord-Kivu à propager les messages de la paix et de l’amour ainsi que de l’espoir, voire de développement », ajoute ce dignitaire d’État.

    Par la même occasion, Philippe Basara souhaite voir les éléments de la milice CODECO arrêter avec leur activisme sur les civils, militaires et autres en guise du respect de ses actes d’engagement signés, à plusieurs reprises, pour la cessation des hostilités dans le territoire de Djugu, car, persiste-t-il, « l’Ituri est fatigué à compter le nombre de morts ».

    Par ailleurs, à Butembo, un appel à la cohésion et à la cohabitation pacifique en Ituri et au Nord-Kivu face aux messages haineux a également été lancé.

    L’Association des Etudiants et élèves Ressortissants de la Province de l’Ituri à Butembo s’alarme de la propagation de messages d’intox et de manipulation sur les réseaux sociaux, accusant des membres de communautés spécifiques d’être responsables de violences.

    Ces messages, qui ont notamment évoqué le meurtre d’un Hema par des Nande, ont créé un climat de panique et de tensions entre les communautés de l’Ituri et du Nord-Kivu.

    Le président de l’association, Ben Mude Likambo, craint que cette situation ne nuise gravement à la cohabitation pacifique dans la région. Il souligne que les étudiants originaires de l’Ituri, vivant avec les communautés Nande depuis longtemps, sont directement affectés par ces tensions.

    Il rappelle que de nombreux ressortissants de l’Ituri se sont installés au Nord-Kivu et y contribuent activement à la vie locale. Mude Likambo lance un appel urgent à la jeunesse et à toutes les communautés pour qu’elles privilégient la paix, l’amour, le vivre-ensemble et le partage afin de favoriser un développement durable de la région.

    Il insiste sur le fait que la crise actuelle affecte tous les habitants et que l’union est la seule solution pour surmonter ces épreuves. « La division ne résout rien, déclare-t-il. C’est ensemble, en collaboration, que nous serons les plus forts et que nous pourrons faire progresser nos provinces ».

    Le président rappelle enfin que les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri sont toutes victimes des conflits qui ravagent la région depuis plus de deux décennies. Il exhorte donc les habitants à ne pas se laisser manipuler par des messages haineux qui ne profitent qu’aux ennemis extérieurs et nuisent au développement de la région.

    A Bunia, le représentant de la communauté Hema et celui regroupant les Nande ont été les premiers à lancer un message commun de paix et de cohabitation pacifique.

    Nickson Manzekele et Providence Birugho

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