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    Après trois jours d’atelier intensif organisés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), du 7 au 9 avril, la province de l’Ituri s’est dotée d’une coordination provinciale de lutte contre la traite des personnes. Une avancée majeure saluée par les participants, dans un contexte où la région reste fortement fragilisée par les conflits armés.

    « Notre appréciation est d’abord très positive », s’est réjoui un jeune participant, mettant en avant l’implication de la jeunesse. « Vous savez que la province de l’Ituri est parmi celles qui comptent beaucoup de cas de traite des personnes, car elle est traversée par des conflits armés de groupes locaux. Nous sommes très contents de participer à cette activité en tant que jeunes, et nous avons été associés au comité mis en place. La jeunesse est prise en compte, c’est une chose très importante. »

    Ce nouveau comité, placé sous l’autorité du gouverneur militaire de la province, aura pour mission d’accompagner la dénonciation des cas et de mettre en œuvre des mécanismes de prévention. « Notre rôle, c’est d’accompagner dans la dénonciation des cas de traite des personnes. Nous sommes une couche essentiellement vulnérable, mais nous sommes partout, avec la population. Nous sommes mieux placés pour identifier et dénoncer tout acte de traite », a ajouté le jeune représentant.

    L’atelier de trois jours a permis de former les futurs acteurs de cette coordination, issus des services étatiques et de la société civile. L’objectif principal était de clarifier le concept de traite des personnes, souvent confondu avec d’autres infractions.

    « Le problème de la traite des personnes est un réel problème dans la province, mais il est passé comme inaperçu car on ne savait pas le définir. Aujourd’hui, grâce à cet atelier, nous avons échangé avec ceux qui maîtrisent la thématique. C’est très pertinent », a témoigné Madame, chef de bureau des affaires sociales et de la protection de l’enfance, dont la division fera partie de la nouvelle coordination. « Nous allons donner le meilleur de nous-mêmes en apportant des réponses pertinentes aux victimes. »

    Pour Maître de Jour, autre acteur clé présent à ces travaux, la mise en place de cette coordination provinciale répond à une urgence réelle. « C’est très urgent. C’est un concept qui semble nouveau mais qui se pratique sur l’ensemble de la province. On parle souvent d’enlèvements d’enfants, mais il faut dépasser cela. Il s’agit de mettre en place des mécanismes de prévention, jusqu’au niveau des territoires, des églises et des communautés », a-t-il expliqué.

    La coordination provinciale, dont le secrétariat technique a été mis en place, vise à offrir une réponse globale. « Il faut que la personne victime bénéficie d’un accompagnement holistique : moral, psychologique, sanitaire et judiciaire », a précisé Maître de Jour.

    Ce dispositif s’inscrit dans un cadre plus large de partenariat frontalier entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, deux pays où la traite des personnes peut prendre une ampleur considérable, notamment dans les zones de contrebande. « C’est une première. La coordination provinciale de lutte contre la traite des personnes commence ici en Ituri », s’est félicité un participant, avant de conclure : « Ce fléau s’apparente à un esclavage moderne. Nous allons lutter efficacement. »

    Rappelons que cette initiative inédite est portée par le Gouvernement provincial avec l’appui technique et financier de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ainsi que le financement de l’Union européenne.

    Grâce Kasemire

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