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    vendredi, 12 décembre 2025

    C’est dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes que Jeanne Alasha, conseillère du gouverneur en charge du genre, de la famille, de l’enfant et des affaires sociales, a accordé une interview à Buniaactualite.cd le 27 novembre 2025.

    Un entretien où elle a délivré un message, indiquant que les violences numériques constituent désormais une menace sérieuse pour les femmes et filles de l’Ituri.

    « Ce qui nous inquiète particulièrement, c’est la banalisation des violences dans les espaces numériques », a confié la conseillère, le visage grave. « Derrière l’anonymat des écrans, nous observons une recrudescence de comportements inacceptables, partage non consenti d’images intimes, cyberharcèlement, menaces en ligne, propagation de contenus haineux. »

    Et d’ajouter :

    « Le pire, c’est que beaucoup de victimes souffrent en silence, ne sachant pas vers qui se tourner. Certaines ignorent même que ces actes constituent des violences punies par la loi. »

    Au regard de cette situation, des mesures concrètes sont en cours de déploiement. « Nous travaillons sur plusieurs fronts », a-t-elle détaillé.

    « D’abord, la sensibilisation des équipes mobiles qui iront à la rencontre des populations, notamment dans les sites de déplacés et les écoles, pour expliquer ce que sont les violences numériques et comment s’en protéger. »

    « Ensuite, le volet judiciaire, dont nous formons les forces de l’ordre et la magistrature à mieux prendre en charge ces nouvelles formes de criminalité. Enfin, nous mettons en place des cellules d’écoute spécialisées où les victimes pourront être orientées vers une assistance juridique et psychologique. »

    Elle insiste particulièrement sur la nécessité de rompre avec l’impunité. « Beaucoup d’auteurs s’imaginent intouchables parce qu’ils agissent en ligne. C’est une erreur, nos services travaillent en collaboration avec les opérateurs télécoms pour identifier et poursuivre les cybercriminels. »

    Le message est clair : que vous soyez derrière un écran ou dans la rue, la violence envers les femmes reste un crime. Et ce crime sera sanctionné.

    Elle lance un appel solennel à l’ensemble de la société iturienne. « La lutte contre les violences numériques ne peut réussir sans une prise de conscience collective. Si vous êtes témoin de cyberharcèlement, soutenez la victime et signalez les faits. Les plateformes numériques doivent être des espaces d’échange, pas des zones de non-droit. »

    Un message spécifique est adressé aux jeunes, premiers utilisateurs des réseaux sociaux : « Votre pouvoir est immense. Utilisez-le pour diffuser des messages positifs, pour soutenir vos sœurs et vos mères, pas pour les humilier. »

    Interrogée sur le rôle des médias, la conseillère souligne leur importance dans ce combat. « Les médias peuvent être nos meilleurs alliés pour changer les mentalités. Au lieu d’amplifier les contenus violents, aidez-nous à éduquer, à informer sur les recours possibles, à donner la parole aux survivantes. »

    L’Ituri ne peut se développer si la moitié de sa population vit dans la peur. Aucune tradition, aucune coutume ne justifie la violence. Aucune technologie ne doit servir à humilier ou à détruire. Notre combat continue, et nous le gagnerons, ensemble.

    Un engagement ferme qui marque une nouvelle étape dans la protection des droits des femmes en Ituri, à l’ère du numérique.

    Grâce Kasemire

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