Le climat politique se tend davantage en Ituri. De retour de Kinshasa, l’acteur politique Luc Malembe, fervent défenseur de l’état de siège, officiellement lancé une campagne citoyenne baptisée « UPDF Dégage », appelant au départ immédiat des troupes ougandaises présentes sur le sol congolais.
Dans une interview accordée à Buniaactualite.cd, Luc Malembe qualifie l’armée ougandaise (UPDF) d’« envahisseur » et accuse Kampala de mener un « double jeu » sous couvert des opérations militaires conjointes avec les Forces armées de la RDC (FARDC).
Selon lui, la présence prolongée des troupes ougandaises en Ituri s’apparente à une occupation déguisée, au détriment de la souveraineté nationale et de la sécurité des populations locales.
Au-delà du volet sécuritaire, cet ancien associé de l’opposant Martin Fayulu insiste sur une dimension économique de la lutte. Il exhorte la population de l’Ituri à boycotter les produits en provenance de l’Ouganda, notamment les bières et les eaux minérales, au profit des produits locaux.
« La libération doit aussi être économique. Cessons d’être le dépotoir de l’Ouganda », a-t-il déclaré. Il estime que l’argent des consommateurs congolais ne devrait pas servir à financer l’insécurité.
Il encourage ainsi la promotion du « Made in Congo » comme levier d’indépendance économique.
Luc Malembe appelle par ailleurs le gouvernement central à accélérer les travaux d’asphaltage des routes nationales RN27 et RN4. Selon lui, la connexion efficace entre Bunia et Kinshasa constitue une alternative durable à la dépendance commerciale vis-à-vis de Kampala.
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Cet acteur politique jadis contre état de siège estime que des infrastructures routières fonctionnelles permettraient aux populations d’accéder à des produits manufacturés à moindre coût, tout en renforçant l’intégration économique nationale.
Dans la foulée, Luc Malembe invite la population à exprimer pacifiquement son rejet de la présence de l’UPDF partout où elle se trouve.
« On ne libère pas un peuple, le peuple se libère », a-t-il martelé, appelant à une mobilisation citoyenne non violente. Il faut rappeler qu’il a toujours été très critique, depuis le début, sur la présence de l’armée ougandaise en Ituri.
Ces déclarations interviennent dans un contexte déjà sensible, marqué par des débats persistants autour des opérations conjointes FARDC-UPDF. Les regards se tournent désormais vers Kampala, alors que l’Ouganda est accusé d’agression et ciblé par un appel au boycott économique.
Reste à savoir quelle sera la réaction officielle des autorités ougandaises ou encore congolaises face à cette montée de tension en Ituri.
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