Un espoir de paix renaît en Ituri grâce à la détermination du commandement militaire, mais il est rapidement éclipsé par une réalité douloureuse. Sur l’axe Bunia-Iga-Barrière, où la sécurité s’est notablement améliorée, des éléments des FARDC (Forces Armées de la RDC) ont transformé les barrages de contrôle en « péages improvisés », dénonce Deogratias Bungamuzi, dans une dépêche.
Cette tracasserie routière impose un « fardeau financier insupportable » aux usagers, menaçant la confiance entre la population et l’armée. Le trajet, autrefois un cauchemar à cause des groupes armés, est désormais un calvaire à cause de ceux qui sont censés protéger.
La victoire sécuritaire saluée par Bungamuzi
Les efforts pour ramener la stabilité sont indéniables. Le retour massif des déplacés dans des zones comme Iga-Barrière, Nizi, Bambu, Kobu, Kilo, et Mongwalu témoigne d’une amélioration concrète de la sécurité.
Cette avancée est unanimement attribuée au Gouverneur militaire de l’Ituri, le Lieutenant-Général Johnny Luboya, au commandant secteur opérationnel, le Général de brigade Mandefu, et à toute la hiérarchie militaire. Des officiers comme le Colonel BAHATI NURU à Mongwalu sont particulièrement félicités pour leur approche collaborative. Il s’agit d’une victoire militaire et politique que les citoyens reconnaissent et souhaitent consolider.
Le Racket militaire, nouveau calvaire dénoncé
Toutefois, derrière ce succès, se cache une réalité qui mine le quotidien. Selon le Conseil Provincial de la Jeunesse de l’Ituri, le nombre de points de vérification est devenu excessif. À chaque passage, des militaires exigent de l’argent.
Deogratias Bungamuzi Kukwabo, Jeune Ambassadeur de la Paix, dénonce ces pratiques : « Ce système de tracasseries routières, dénué de toute régulation, donne l’impression que la sécurité acquise est utilisée comme un prétexte pour imposer aux citoyens un fardeau financier insupportable.» Les voyageurs sont contraints de débourser des sommes faramineuses, transformant une mission de protection en source de profonde frustration et de méfiance.
Cette situation de racket militaire n’est pas sans risque. Elle offre un terrain fertile à la propagande des groupes armés, qui pourraient utiliser ces abus pour justifier leurs actions terroristes auprès de la population.
Bungamuzi invite le Gouverneur militaire et la la hiérarchie des FARDC à s’y impliquer. Les sacrifices consentis pour ramener la paix en Ituri ne doivent pas être salis par les comportements déviants de quelques éléments incontrôlés.
« La sécurité retrouvée ne doit pas rimer avec la tracasserie. L’Ituri a trop souffert. Il est impératif que la discipline soit rétablie et que l’armée incarne la protection pour restaurer la confiance et garantir que l’espoir de paix devienne une réalité durable », a-t-il insisté.
Si jusque-là l’armée n’a pas encore réagi, généralement le gouverneur militaire a toujours été contre cette pratique impliquant des militaires dans la tracasserie des civils.
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