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    La gouvernance de la riposte contre la Maladie à virus Ebola suscite de nouvelles interrogations en province de l’Ituri. Alors que plusieurs équipes de terrain dénoncent des retards de paiement et que des mouvements de grève se multiplient dans les centres de traitement, des organisations de la société civile réclament davantage de transparence dans la gestion des financements mobilisés pour lutter contre l’épidémie.

    Dans une note de plaidoyer publiée ce jeudi 9 juillet, le Cadre de concertation de la société civile pour les ressources naturelles (CdC/RN) appelle les autorités congolaises et les partenaires de la riposte à renforcer les mécanismes de redevabilité financière.

    L’organisation affirme qu’au 8 juillet 2026, l’Ituri comptabilisait 1 708 cas confirmés et 580 décès, alors que seulement 35 % des financements annoncés auraient été effectivement décaissés.

    Selon le CdC/RN, plusieurs difficultés continuent de fragiliser la riposte, notamment la saturation des centres de traitement d’Ebola à Bunia, les retards dans le paiement des primes des agents de santé, le faible taux de suivi des personnes-contacts, estimé à 17,4 %, ainsi que l’absence d’un mécanisme public de suivi des dépenses.

    L’organisation met également en garde contre des risques de mauvaise gouvernance déjà observés lors de précédentes épidémies, citant notamment les travailleurs fictifs, la surfacturation, les détournements de per diem et le phénomène communément appelé « Ebola business ».

    Pour renforcer la confiance du public, le CdC/RN recommande la publication mensuelle des dépenses de la riposte, la création d’un comité de suivi budgétaire associant la société civile, le paiement régulier des primes des intervenants ainsi que le renforcement du suivi des contacts et de la couverture des centres de traitement dans les zones encore insuffisamment desservies.

    Dans la même dynamique, le secrétaire général du CdC/RN, Dieudonné Kasonia, annonce la mise en place d’un mécanisme citoyen de contrôle et de suivi budgétaire.

    « Les autorités doivent publier les dépenses engagées dans la riposte », estime-t-il, considérant qu’une telle démarche contribuerait à renforcer la transparence, la confiance de la population et la crédibilité de la coordination.

    A lire aussi : Ebola en RDC : 1 792 cas confirmés, 625 décès et 295 guérisons au 9 juillet

    Parallèlement, la coordination provinciale de la Société civile Forces vives de l’Ituri va plus loin. Son coordonnateur, Dieudonné Lossa, demande la dissolution de l’actuelle équipe chargée de coordonner la riposte, estimant qu’elle « a atteint ses limites » et n’est plus en mesure de répondre efficacement aux défis sanitaires de la province.

    Ces prises de position interviennent dans un contexte social tendu. Ce jeudi, des agents d’hygiène du Centre de traitement Ebola de Bunia ont manifesté pour réclamer plus d’un mois d’arriérés de primes, après des mouvements similaires observés à l’Hôpital général de Bunia et à l’Hôpital général de Rwampara. Les manifestants menacent de suspendre leurs activités si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

    Lors de son séjour à Bunia, le ministre de la Santé, Roger Samuel Kamba, a annoncé que les intervenants de la riposte seraient désormais rémunérés par cartes bancaires, après un assainissement du fichier des bénéficiaires destiné à sécuriser les paiements et à limiter les irrégularités.

    Selon les dernières données publiées conjointement par l’Organisation mondiale de la Santé et le gouvernement congolais, la République démocratique du Congo totalise désormais 1 759 cas confirmés, 600 décès et environ 750 personnes guéries depuis le début de cette 17ᵉ épidémie d’Ebola.

    La convergence entre les revendications des prestataires, les préoccupations exprimées par plusieurs organisations de la société civile et les annonces des autorités nationales soulèvent de nombreuses interrogations.

    Au-delà de la mobilisation des financements, la réussite de la riposte dépendra aussi de la transparence dans leur gestion, de la confiance des intervenants et de la capacité des institutions à répondre rapidement aux difficultés rencontrées sur le terrain.

    Rédaction

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