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    À Bunia, la question de l’accès à l’eau et aux services sociaux de base refait surface avec insistance. Ce vendredi d’avril 2026, une délégation venue du territoire de Djugu a fait le déplacement pour porter haut la voix de plusieurs communautés longtemps restées dans l’ombre des grands projets.

    Une délégation importante. Chefs de villages, responsables de groupements, notables et représentants communautaires ont répondu présents. Ensemble, ils ont échangé avec les autorités compétentes, notamment celles du secteur de l’énergie, autour d’une préoccupation centrale : le sentiment d’abandon malgré la présence de projets d’envergure dans leur milieu.

    Au cœur de ces revendications, le village Ritsi, dans le groupement Tsili, secteur de Walendu Djatsi. Son chef, Lokana Sumbu Justin, n’a pas caché son amertume.

    « Nous n’avons pas d’école, pas de poste de santé. On nous prive aussi de l’eau », a-t-il déclaré, la voix chargée d’inquiétude.

    Pourtant, ce village n’est pas étranger aux projets en cours. Bien au contraire. Le réseau d’adduction d’eau de Ngongo, présenté comme un projet crucial pour la distribution d’eau potable en Ituri, puise sa source dans cette zone. Mais sur place, la réalité est tout autre : l’eau alimente d’autres entités, tandis que les habitants de Ritsi peinent à en bénéficier.

    À cela s’ajoute le projet porté par CIDRI depuis 2022, censé lui aussi contribuer à améliorer l’accès à l’eau. Mais là encore, la population locale affirme ne pas voir d’impact concret dans son quotidien.

    Face à cette situation, les communautés réclament le respect du cahier de charges. Pour elles, il ne s’agit pas seulement d’eau, mais aussi d’un engagement social clair. Parmi les priorités évoquées : la construction d’une école pour permettre aux enfants d’étudier dans des conditions dignes, ainsi que la mise en place d’un centre de santé pour assurer une prise en charge médicale de proximité.

    René Chelo, vice-président et porte-parole de l’association culturelle Lori, qui regroupe la communauté Lendu, a accompagné cette délégation. Il insiste sur la nécessité de faire entendre ces revendications.

    « J’ai voulu que ces cris soient entendus auprès des autorités », a-t-il expliqué.

    Selon lui, la population ne fait que rappeler des engagements déjà formulés. Il souligne également un contraste difficile à accepter pour les habitants : pendant que le projet Ngongo dessert jusqu’à la ville de Bunia, où l’eau est même vendue, les communautés à la source restent en marge.

    « C’est un village qui a beaucoup donné. Une image positive de ce projet devait se refléter ici », ajoute-t-il, évoquant l’absence visible d’impact social dans la zone.

    Sur le terrain, les conséquences sont bien réelles. Les enfants étudient dans des conditions précaires. Les structures sanitaires sont insuffisantes, voire inexistantes. Et l’accès à l’eau potable demeure un défi quotidien.

    Au-delà du seul projet Ngongo, d’autres initiatives comme celles liées à CIDRI ou encore les travaux autour de la rivière Lonyo en 2026 témoignent d’une dynamique autour de l’accès à l’eau en Ituri. Mais pour les habitants de Ritsi, l’urgence est ailleurs : voir enfin ces projets améliorer concrètement leur vie.

    À Bunia, les échanges ont permis de poser les bases du dialogue. Mais pour les communautés venues de Djugu, l’essentiel reste à venir : des actes, visibles et durables.

     

    Verite Johnson

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