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    Le manque de communication officielle sur plusieurs incidents sécuritaires complique davantage le travail des journalistes en Ituri. Rachidi Kudra, porte-parole du Collectif des Journalistes de l’Ituri, déplore l’absence de versions officielles après plusieurs affrontements et opérations militaires rapportés ces derniers jours dans le territoire de Djugu.

    À l’en croire, des combats ont notamment été signalés à Gina entre les FARDC et le mouvement CRP, tandis que d’autres incidents ont été rapportés dans différentes zones de la province. Mais jusqu’à présent, les journalistes peinent à obtenir des informations officielles permettant de confirmer les faits, d’en préciser les circonstances et de présenter les différentes versions.

    « Nous avons appris qu’il y a aussi des affrontements à Gina, nous avons appris qu’il y avait aussi des attaques à Rhoo. C’est toujours dans le territoire de Djugu, mais jusque-là, nous n’avons pas encore reçu les informations officielles », explique Rachidi Kudra.

    Cette situation place les professionnels des médias face à une difficulté majeure : informer la population tout en évitant de relayer des informations non vérifiées dans une province confrontée à une situation sécuritaire fragile.

    Le porte-parole du Collectif des Journalistes de l’Ituri évoque ainsi une forme d’autocensure chez certains journalistes, particulièrement lorsqu’il s’agit d’informations liées aux opérations militaires et aux affrontements entre groupes armés et forces loyalistes.

    « Nous avons nous-mêmes instauré l’autocensure parce qu’on n’est pas censé tout livrer. Si on donne toutes les informations, on a peur que cela puisse envenimer davantage la situation », affirme-t-il.

    Pour Rachidi Kudra, l’absence d’une communication claire des autorités ne signifie toutefois pas que les journalistes doivent renoncer à leur mission. Ils continuent de rechercher les informations auprès de plusieurs sources, notamment des personnes présentes dans les zones concernées.

    Cette démarche comporte cependant des limites, notamment l’inaccessibilité de certaines sources et les risques liés aux déplacements dans les zones affectées par les violences.

    « Un journaliste ne peut pas s’engager d’aller dans une zone rouge sans avoir la protection, sans avoir l’assurance de sa protection », rappelle-t-il.

    Face à ces difficultés, le Collectif des Journalistes de l’Ituri dit poursuivre le dialogue avec les autorités afin d’améliorer l’accès aux informations sécuritaires et de permettre aux médias de jouer pleinement leur rôle auprès de la population.

    Pour Rachidi Kudra, une communication régulière et officielle permettrait notamment aux journalistes de mieux vérifier les informations recueillies sur le terrain et d’éviter la propagation de rumeurs dans un contexte déjà marqué par l’insécurité.

     

    Rédaction

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