L’artiste musicien LB3 Tate est en détention depuis le 14 avril 2026 à Mongbwalu, dans le territoire de Djugu, où il était attendu sur scène le 19 avril à l’espace Mulanday. Son interpellation fait suite à une plainte introduite par l’acteur politique Christian Shauri. Contacté par Buniaactualite.cd, ce dernier indique avoir saisi la justice militaire après une altercation avec l’artiste.
Des tensions aux origines controversées
Des proches de l’artiste évoquent toutefois l’existence d’un différend plus ancien, remontant à un épisode survenu à Epulu, en territoire de Mambasa.
À cette période, LB3 Tate participait à une campagne de sensibilisation contre le braconnage dans la Réserve de Faune à Okapi (RFO). Dans ce cadre, il avait été autorisé à porter des tenues militaires pour les besoins d’un tournage de clip destiné à dénoncer la chasse illégale.
Selon son entourage, ces images auraient par la suite été exploitées par Christian Shauri pour appuyer des accusations publiques, notamment des soupçons de liens avec le mouvement rebelle M23. Lors de l’incident récent à Mongbwalu, des accusations du même type auraient été évoquées, cette fois en lien avec les FDLR.
La version de Christian Shauri
De son côté, Christian Shauri rejette l’existence de tout contentieux antérieur avec l’artiste, affirmant qu’il s’agissait de leur première rencontre.
Il explique avoir simplement voulu saluer LB3 Tate avant que la situation ne dégénère.
« …je suis sorti et je l’ai salué, c’est ce qu’il n’a pas voulu entendre. Il s’est attaqué à moi, et m’a traité de sujet rwandais FDLR… », a-t-il déclaré. Une version contestée par l’artiste, qui estime pour sa part être régulièrement attaqué par cet acteur politique sur les réseaux sociaux. Il ne voulait pas jouer à l’hypocrisie.
Christian Shauri indique avoir ensuite porté plainte en raison de la gravité des faits qu’il reproche à l’artiste.
« Étant citoyen respectueux, je suis parti porter ma plainte à l’auditorat parce qu’il y a eu menace de mort, imputations dommageables, tribalisme et xénophobie, mais aussi des échanges de coups », a-t-il précisé.
Une affaire aux implications plus larges
Au-delà de ce différend entre les deux hommes, cette situation soulève des questions sur la qualification judiciaire des faits. Des proches de l’artiste dénoncent une possible utilisation de la justice militaire dans un conflit de nature privée, dans un contexte sécuritaire déjà sensible en Ituri.
Entre accusations croisées, violences alléguées et références à des groupes armés, la frontière entre conflit personnel et enjeu sécuritaire apparaît particulièrement difficile à établir. En attendant, les fans ne sont pas encore fixés s’ils verront ou pas leur artiste sur scène le 19 avril 2026.
Rédaction

